#PrixLNO 2019 : Daphné Honigman – « J’explore »

« Si vous ne savez pas où aller, n’importe quel chemin vous y mènera. » – Lewis Carroll

Université / University 

MBA Manager de Projet Culturel, spécialité Musique et Festivals – EAC Paris / MBA Manager of Cultural Project – EAC Paris

Licence en droit français / droit allemand – Université Nanterre / Universität Potsdam / Bachelor of Arts, French and German Law – Université Nanterre / Universität Potsdam

Mémoire / Research Paper

Quel avenir pour financement de la scène musicale ? Regards croisés entre Paris et Berlin / What future for the music scene funding ? Crossed study between Paris and Berlin.

Poste actuel / Current position

Cofondatrice, Direction Artistique, Coordination – Dérives Festival / FAR EAST PROD / Co-Founder, Artistic Director and Coordinator, Dérives Festival / FAR EAST PROD

Chargée de booking et de production – ICU Live Music / Booking and Production, ICU Live Music

Management international– Freelance

 

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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

Les Demoiselles de Rochefort – J.Demy, M.Legrand

La comédie musicale de mon enfance ! Ça représente pour moi la légèreté et la liberté, les couleurs, la joie de vivre…

Kinderszenen Op.15, 10. Fast zu ernst – Robert Schumann

Le morceau qui m’a donné envie de me mettre au piano

« Zdarlight » (Chopstick & Johnjon Remix) – Digitalism

L’un de mes morceaux souvenirs de mon temps à Berlin.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Je dirais qu’il y en a eu trois. J’ai toujours aimé l’idée de travailler dans la musique sans savoir par quel angle l’aborder ni par quelle porte y entrer. Après ma licence en droit, j’ai trouvé une formation en Management de Projet Culturel qui correspondait bien à mon profil et je me suis lancée.

Le deuxième moment a été ma découverte des fêtes du collectif SOUKMACHINES, qui représentaient pour moi un monde nouveau : après deux ans passés à écumer les clubs de Berlin et leurs musiques électroniques, je découvrais des fêtes libres, conviviales et dans l’air du temps mais qui mettaient en avant toutes sortes de styles musicaux différents, des musiques du monde entier, des fanfares, des performances… Ke les ai sollicités plusieurs fois jusqu’à obtenir un stage où j’ai pu découvrir les métiers de la production, administration et communication du spectacle vivant, et ça a conforté mon choix de carrière. Je fais toujours partie du collectif aujourd’hui.

Le troisième moment a été celui où j’ai décidé de ne pas chercher d’emploi dans une structure tout de suite mais plutôt de concrétiser mon projet professionnel de fin d’études et de monter mon propre festival, Dérives Festival, dont la quatrième édition aura lieu en 2020.

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Je trouve difficile de recommander quelque chose à quelqu’un sans connaître ses goûts. Je conseillerais de sortir des sentiers battus en allant voir des groupes émergeants ou des styles de musique qu’on a pas l’habitude d’écouter. Il y a plein de lieux atypiques et accueillants qui donnent la parole à des artistes émergents et ne sont pas intimidants pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de sortir. Je pense aux friches culturelles, aux lieux parisiens indépendants et à petite jauge… Ça permet de découvrir quelque chose d’original et de sortir de sa zone de confort !

Parmi les groupes qui m’ont marqué en live, je pense au brassband hollandais Gallowstreet, au groupe de musique tzigane Marcela y los Murchales, au groupe colombien El Caribefunk, au rappeur syro-phillipin Chyno, au duo Kabylie Minogue (qui ont fait leur première scène au Dérives Festival !), ou encore au live futuriste du sénégalais Ibaaku.

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

J’ai toujours fait et écouté beaucoup de musique, ça a toujours pris beaucoup de place dans ma vie. J’ai commencé le conservatoire à sept ans en flûte traversière, quelques années plus tard je me suis mise au piano, j’ai joué dix ans dans un orchestre, puis j’ai commencé à donner des cours à des débutants (ce que je fais toujours aujourd’hui), et je continue toujours le conservatoire où je me suis mise au jazz depuis 2 ans. J’ai toujours pensé ne pas avoir assez de patience et de discipline pour être musicienne professionnelle, mais j’adore organiser, planifier, être au cœur de toutes ces étapes qui font qu’une idée devienne quelque chose de concret et d’accompli. J’ai donc décidé d’aller voir derrière les coulisses et de m’orienter vers l’organisation de concerts et la production de spectacle vivant. C’est très stimulant de pouvoir monter et réaliser un projet de A à Z tout en croyant à sa portée culturelle et sociale, d’avoir l’opportunité d’aider des artistes à vivre de leur art et de pouvoir communiquer un message et une idée artistique au plus grand nombre.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Ecouter la playlist <<

« Lullaby of Birdland » – Ella Fitzgerald
« Nostalgic du Cool » – M
« Starman » – David Bowie
« Summertime » – Janis Joplin
Prelude Theme from Mais el Rim – Ziad Rahbani
Kreisleriana n°7 « Sehr rasch » – R. Schumann, interprété par V. Horowitz
« Deixa A Girar Girar » – Os Tincoas
« Carnival » – Herbie Mann
« Holding You Close » –  Crackazat
« Jigueenu Africa » – Guiss Guiss Bou Bess
« Dancing in the Moonlight » – King Harvest (j’ai eu du mal à n’en choisir que 10… on dira que c’est le générique de fin !)

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Il n’y en a pas qu’un… c’est un secteur en constante évolution. Tout va beaucoup dépendre de la politique des pouvoirs publics au niveau territorial, car la baisse significative des financements depuis quelques années poussent les structures et producteurs à se diriger vers de nouvelles sources de financement avec plus ou moins de succès, et la question des cachets des artistes VS rentabilité du projet peut devenir problématique. À un moment où les artistes ont plus que jamais besoin de revenus « live » pour vivre puisque la musique enregistrée de rémunère plus, c’est difficile.

Je pense que de nouveaux modèles vont émerger et émergent déjà, plus autonomes et indépendants, mais beaucoup dépendent également de la flexibilité, de la tolérance et de la bonne volonté des pouvoirs publics locaux (je pense par exemple aux friches culturelles, conventionnées ou non). Actuellement le modèle français comporte de multiples avantages de protection des artistes qu’on nous envie à l’international, mais il y a aussi une réalité qui est que les formalités lourdes peuvent désavantager les petites structures voulant programmer des artistes étrangers par rapport à d’autres pays européens. La simplification de ces formalités est déjà en cours et devrait être selon moi déterminantes pour une meilleure application des règles établies et de la protection des artistes.

 Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?

Je peux m’imaginer changer de métier plus tard sans forcément renoncer totalement à la musique, il y a tellement de possibilités de l’impliquer quelque part… ! Je me verrais bien voyager un temps, puis pourquoi pas travailler dans l’éducation et le lien social.

Autre chose à rajouter ?

Je me spécialise aujourd’hui dans le secteur des musiques actuelles, mais j’aimerais un jour revenir à la musique classique pour travailler à sa démocratisation, à casser ce cliché d’art élitiste et poussiéreux qui menace ce répertoire aujourd’hui.

Dans tous les cas, je trouve que ce qui est particulier avec les métiers de la musique, c’est qu’il s’agit d’un travail collectif au service d’un art qui rend la vie plus belle. Je remercie donc mille fois La Nouvelle Onde de nous donner l’opportunité de découvrir les parcours et projets de chacun, d’échanger sur nos expériences avec bienveillance, c’est un enrichissement personnel et professionnel énorme !

 

…And now, in English…

3 songs/musical works that have been important in your life and why ?

Les Demoiselles de Rochefort – J.Demy, M.Legrand

The musical of my childhood, that probably influenced my music tastes at the earliest age. This movie represents to me freedom, smart casualness, colors and happiness.

Kinderszenen Op.15, 10. Fast zu ernst – Robert Schumann

The piece that made me decide to start studying the piano.

« Zdarlight » (Chopstick & Johnjon Remix) – Digitalism

One of the pieces that remind me of my time in Berlin.

Golden Ticket moment : when did you get your big break ?

I would say that there were three. I always liked the idea of working in music without knowing how to. After graduating from my Bachelor in law, I found an MBA in Management of cultural projects that seemed to fit and I went straight for it.

The second moment was when I discovered the amazing parties of the SOUKMACHINES collective, that meant a whole new world to me. After two years of partying in Berliner techno and house music clubs, I went back to Paris and discovered these free, welcoming and modern parties that looked a lot like those I experienced in Berlin, but based on very different and atypical forms of art (well, from where I stood at that time) : world music, brass bands, street art performances, exhibits… I contacted them several times until I got an internship. I stayed there a year discovering the different roles in production, administration and communication for show production in independent / alternative venues, and it confirmed my career choice. I still take part in the collective’s activity to this day.

The third moment was when I decided not to look for a job right away after finishing my degree, only to work on the festival project I had imagined with two other women from my school during our final project, and to make it happen. I’m still fully in charge of Dérives Festival today (its concept is to explore the new and alternative music scenes and cultures from a different country every year and showcase them to the parisian audience), and it will celebrate its fourth edition in 2020.

The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out?

I find it difficult to recommend something to someone without truly knowing his/her tastes. I’d advise to get off the beaten track: go listen to quality music from bands that are maybe not well-known yet, or music styles you’re not used to listening to. There are many atypical and welcoming venues that allow emerging artists to perform, and these places are not at all intimidating for someone that never goes out. I’m thinking about small independent or underground venues that flourish everywhere, especially in the suburbs.

Regarding the live performances that made a strong impression on me, I’m thinking about the Dutch brass band Gallowstreet, the Colombian band El Caribefunk, the gipsy band Marcela y los Murchales, the syrian-philippino rapper Chyno, the duo Kabylie Minogue (they did their first performance at Dérives Festival), or the futuristic live performance of the Senegalese artist Ibaaku.

Why on earth did you want to work in music?

I’ve always played and listened to lots of music, it has always been an important part of my life since I was a child. I started to study at a music school at the age of seven (flute and musical theory), then I started the piano a few years later, played ten years in an orchestra, started to teach piano lessons (I still do today), and began to study jazz two years ago.

When I started to think about how I wanted music to be related to my professional life, I thought that I did not have enough patience or discipline to be a professional musician. But I also love planning, organizing and being at the heart that process sees an idea bloom into something real and concrete. So I decided to go and see beyond the curtains and give musical and show production a go. It is very stimulating to be able to conceive and realize a project from A to Z while also deeply believing in its cultural and social impact, to have the opportunity to help artists live of their art and communicate a message and an artistic idea to the audience.

You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?

>> Listen to the playlist <<

« Lullaby of Birdland » – Ella Fitzgerald
« Nostalgic du Cool » – M
« Starman » – David Bowie
« Summertime » – Janis Joplin
Prelude Theme from Mais el Rim – Ziad Rahbani
Kreisleriana n°7 « Sehr rasch » – R. Schumann, by V. Horowitz
« Deixa A Girar Girar » – Os Tincoas
« Carnival » – Herbie Mann
« Holding You Close » –  Crackazat
« Jigueenu Africa » – Guiss Guiss Bou Bess
« Dancing in the Moonlight » – King Harvest (bonus track)

SRSLY (seriously) : what are the stakes of your job within the next 5 years ?

There are so many… It’s a professional sector that is constantly evolving. In France, I’d say that a lot will depend on the public policies on a local scale : on tbe one hand, the amount of public financing in culture has been significantly decreasing these last years which has pushed venues and producers to look for new business models to survive, which can however threaten the ability for artists to live from their art, since they often earn less in performing that before. At a time where artists need to earn money through live music and performance more than ever before, it can be difficult. I think that new models will rise and (they have already begun to), less dependent on public subsidies, but many of those structures also depend on the tolerance and flexibility of public authorities. Except these public authorities demand a very high level of investment in every stage of event planning that are not realistic regarding to these projects (I’m talking about funding, bureaucracy, abstract rules, high security standards). Today, the French model has a lot of advantages that are envied everywhere, but there is also a reality : the heavy french bureaucracy in culture can disadvantage small structures and venues that want to program foreign artists, in comparison to other European countries. Making these rules easier to follow should according to me be crucial for a better application of established laws and artists’ protection.

Is there life after music, and what would yours be ?

I can imagine changing professional fields without having to cut music out of my life, which I’ll probably never do.  There are so many possibilities to involve music somewhere… ! I could see myself travelling for a while, then maybe working in education, with projects related to work on a social bound.

Anything you’d like to add ?

I am currently working with modern music styles, but I’d like go to back to classical music someday to contribute to make it more accessible and work to break this cliché of an elitist and old-fashioned art form that is threatening it today.

Anyway, I think that what makes careers in the music business special is that it is a collective work to serve an art that makes our lives more beautiful. So thank La Nouvelle Onde a thousand times for giving us the opportunity to share experiences and projects with other passionate and interesting people and highlighting our efforts!

 

 

« If you don’t know where you are going, any road will get you there » – Lewis Carroll

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