#30demoinsde30 2023 : Constance Bidaut

 « Dans la passion, c’est le rêve qui compte. » – Annie Ernaux

Neoma Business School – Master of Science “Cultural and Creative Industries”

Emic – MBA 2ème année spécialisation “Industrie Musicale”

Article de recherche / Research paper

“Les Enjeux de la Programmation de la Ballroom Scene et du Waacking à Paris”

Poste actuel / Current position

Programmatrice Musicale – Mazette


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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

“Roygbiv” – Boards of Canada et l’album Music has the Right to Children (Warp)

Boards of Canada est un des premiers groupes qui m’a introduit à l’IDM (Intelligent Dance Music) et au répertoire musicale Warp, dont je suis toujours fan. Je ne me lasserai jamais de cet album qui incarne parfaitement la nostalgie et qui s’enrichit à chaque écoute !

« Troupeau Bleu » – Cortex

J’ai découvert Cortex grâce à MF DOOM – un producteur que j’admire pour son art du sampling – dans “One Beer”. J’ai vu Cortex en live au New Morning en 2022 et j’étais émue du début à la fin. Cet album est mélange d’influences musicales diverses allant du jazz à la bossa nova en passant par le psyché. Une pépite qui ne vieillit pas (selon moi).

Nekkuja – Marina Herlop

Cet album est mon dernier coup de cœur musical. Marina Herlop est une vocaliste, compositrice et pianiste catalane de pop expérimentale (avec une formation classique) dont le live est tout aussi envoûtant que l’album. J’ai eu la chance de la voir récemment au festival Closer à Lafayette Anticipations. Un live d’une heure qui m’a transporté.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Il s’agit d’une intervention de Vincent Carry (fondateur des Nuits Sonores) à la Gaîté Lyrique lors de la Paris Electronic Week en 2020 (rencontres professionnelles organisées par Technopol). Son discours m’a vraiment marqué et ému car il symbolisait la fragilité du secteur mais également la force que pouvaient avoir des acteur.rices indépendant.s pour se relever suite à la pandémie et pour réinventer la nuit. Ses paroles m’ont donné envie de me consacrer à 100% aux musiques électroniques, à l’indépendance et au spectacle vivant ! 
Ensuite, j’ai effectué mon stage de fin d’études chez InFiné (label/édition) en tant qu’Assistante Direction Artistique : une expérience qui m’a permis d’avoir un aperçu de tous les métiers (tour, management,labels) de l’industrie musicale, d’être entourée de personnes passionné.es et pointues. Ce stage a été un tremplin pour ma motivation et m’a persuadé que ce secteur était un secteur dans lequel j’avais envie de travailler et de m’épanouir ! 


Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Pour une personne qui ne sort jamais et qui veut s’initier au clubbing à Paris, je recommande une soirée à la Station Gare des Mines. Mon endroit préféré pour faire la fête : un endroit spacieux et aéré, un public respectueux et bienveillant et une programmation pointue. Ce lieu est parfait pour les personnes qui ont des appréhensions vis-à-vis des clubs fermés et qui veulent être surprises !

Je recommanderai les concerts de Jazz à la Petite Halle de la Villette ou à la Gare Jazz. L’ambiance est très cool : loin de l’image assez “prétentieuse” du jazz ! Les concerts sont gratuits ou à prix libre. 


Le Sample : un lieu sans prétention aux programmations surprenantes et souvent engagées (féminisme, écologie, queer) ! Cet espace aux airs de jardin familial réserve toujours de belles surprises – été comme hiver. 


Le Mazette en semaine pour la programmation concert et découvrir des groupes de jazz psyché ou des étoiles montantes du rap local !

Les Nuits Sonores comme festival qui allie à merveille musiques électroniques et autres styles plus “organiques”, scène locale et internationale, conférences et fêtes tout en proposant une programmation gratuite. En une journée, il est possible de découvrir des groupes de jazz expérimental, du rap ougandais ou des pointures de l’IDM. L’incarnation parfaite de l’éclectisme selon moi !

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Depuis mon adolescence, je passe beaucoup de temps à faire de la veille en épluchant les programmations de festivals et de salles de concert pour découvrir de nouveaux.velles artistes. J’ai commencé par les festivals plus grands publics puis j’ai rapidement changé de bord festif en privilégiant les plus petits formats. Je n’arrive pas à travailler et à me motiver sans passion donc il était nécessaire de se lancer dans le spectacle vivant et particulièrement la musique. 
Autrement, je suis engagée dans des collectifs et associations depuis quelques années, notamment en tant que rédactrice pour Technopol. J’ai eu la chance de couvrir beaucoup de festivals et d’interviewer de nombreux.euses artistes, professionnel.les et passionné.es qui m’ont transmis leur motivation et l’envie de contribuer au rayonnement des musiques électroniques et de l’émergence.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Écoutez la playlist <<

« Space Talk » – Asha Puthli 

« Love Invaders » – Fatima Yamaha 

« Rainbow Séquence » – Suzanne Ciani, Jonathan Fitoussi 

« Escape from 404 » – Ethyos 404 

« Pareidolia » – Priori 

« Space 7 » – Nala Sinephro 

« Risingson » – Massive Attack 

« Busa » – Marina Herlop 

« My Baby’s Got it Out for Me » – A.S.O 

« Heliosphan » – Aphex Twin

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Enjeux écologiques : construire des tournées intelligentes en s’accordant avec d’autres salles françaises et bénéficier au maximum de la présence d’un groupe international pour éviter les déplacements “one shot”, favoriser les mobilités douces pour les déplacements d’artistes, rédiger des éco-riders, penser des scénographies intelligentes… 


Enjeux de programmation paritaire et inclusive : Il faut toujours se questionner et donner encore plus de visibilité aux artistes racisé.es et aux personnes sexisées – quelque soit le style. Par exemple, nous développons beaucoup la programmation Jazz au Mazette et je réalise que la majorité des groupes sont constitués uniquement de musiciens. J’aimerais mettre en avant d’avantages de musiciennes (et pas que des chanteuses) de cette scène dans les prochaines années. Concernant , les musiques électroniques, nous sommes loin de la parité dans les gros festivals et le nombre de femmes headliner est toujours faible. Enfin, la parité ne doit pas seulement se retrouver sur la scène ou derrière le booth mais également chez les programmateurs.rices. Nous sommes 12 % de programmatrices en France donc beaucoup de progrès à faire ! 


Enjeux de rendre les salles de concerts ou les clubs toujours plus “safe” (pour le public et les artistes) 


Recontextualiser les programmations : le programmateur.rice a un rôle pédagogique envers le public (selon moi), il faut raconter les histoires des mouvements, être conscient.es que certaines cultures ont des codes qui doivent être expliqués au public (je pense à la Ballroom Scene par exemple) et toujours recontextualiser une programmation. J’admire notamment beaucoup la Gaîté Lyrique pour son approche ! 


Soutenir l’émergence et la création : travailler avec des agences de booking indépendantes, des micro-festivals, des artistes qui ne sont pas encore accompagné.es pour les aider à faire décoller leur carrière, proposer des résidences aux artistes pour leur donner des espaces de créations. 


Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?

Je me vois travailler longtemps dans la musique et je pourrai difficilement la supprimer de ma vie professionnelle. En revanche, j’aimerais l’associer progressivement à mon autre passion : la danse. Pourquoi pas ouvrir un lieu pluridisciplinaire entre salle de concerts, club, studios de danse et lieux de résidences ?

Autre chose à rajouter ?

Venez au Mazette !

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