« You don’t make up for your sins in church. You do it in the streets. You do it at home. The rest is bullshit and you know it. » – Martin Scorsese (“Mean Streets” scène d’ouverture du film)
Université / University
Ecole de formation du barreau de Paris (EFB) (Droit de la propriété intellectuelle et droit des affaires / Certificat d’aptitude à la profession d’avocat)
Institut d’études Judiciaires (IEJ) – Université Paris 2 Panthéon-Assas (Droit des affaires / Examen d’entrée au Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats)
Master 2 Droit de la Communication – Université Paris 2 Panthéon-Assas (Droit de la communication)
Master 1 Droit de la propriété intellectuelle – Université Paris-Est Créteil (UPEC) (Droit de la propriété intellectuelle
Licence de droit – Université Paris-Est Créteil (UPEC)
Paris Bar Training School (EFB) (Intellectual Property Law and Business Law / Certificate of Aptitude for the Profession of Lawyer)
Institute of Judicial Studies (IEJ) – University of Paris 2 Panthéon-Assas (Business Law / Entrance Exam for the Regional Center for Professional Training of Lawyers)
Master’s degree in Communication Law – University of Paris 2 Panthéon-Assas (Communication Law)
Master’s degree in Intellectual Property Law – University of Paris-Est Créteil (UPEC) (Intellectual Property Law)
License in law – University of Paris-Est Créteil (UPEC)
Poste actuel / Current position
Avocat / Auteur-compositeur – Peter Dallas / Collaborateur de studio d’enregistrement
Lawyer / Music producer / Recording Studio Partner
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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?
Pour reprendre la citation de Martin Scorsese mentionnée en début d’interview, présente dans la scène d’ouverture du film Mean Streets, la chanson Be My Baby s’enchaîne immédiatement et a été une véritable révélation. J’aime les paradoxes, et ce morceau, utilisé pour ouvrir un film qui nous plonge dans une ville où la violence est omniprésente, est d’une certaine douceur. Cette alliance inattendue entre la musique et le cinéma provoque quelque chose d’unique, qui a transformé ma vision sur la manière de réunir des opposés et de jouer avec les contrastes. Cela s’applique aussi bien à mes compositions qu’à mon quotidien, en travaillant avec des personnes très différentes, ou encore en étant à la fois avocat et musicien. La première profession demande beaucoup de retenue et de rigueur, tandis que la seconde invite à une forme de folie créative.
(Et pour l’anecdote, Be My Baby est mon réveil depuis plus d’une dizaine d’années).
C’est une chanson que Jimmy Whoo m’a fait découvrir, et à l’époque, on l’écoutait en boucle. Ce morceau a joué un rôle décisif dans mon envie de me tourner vers la musique électronique. C’est aussi grâce à cette chanson que j’ai découvert Johnny Jewel, membre et producteur de Chromatics, ainsi que fondateur du label Italians Do It Better. Aujourd’hui encore, son travail continue de m’influencer énormément, notamment pour la finesse de sa production, sa vision artistique cohérente et l’aspect profondément cinématographique de ses compositions.
« You Can Have It All » – George McCrae
Il y a quelque chose d’inexplicable dans cette chanson. C’est l’une de mes préférées, et bien qu’elle soit assez simple dans son écriture et sa composition, elle dégage une puissance incroyable. A la fois légère et profonde, elle transmet un sentiment de liberté qui résonne particulièrement en moi. Cette chanson me ramène aussi à mes premières fois à Los Angeles. C’est une pièce intemporelle qui, à chaque écoute, réussit à capturer ce moment de plénitude et de liberté absolue (également présente aux côtés de Be My Baby dans ma playlist de 10 titres en fin d’article).
Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?
Le moment déterminant pour moi a eu lieu en 2015 lorsque j’étais au Grande Ville Studio. Je passais mes journées, et parfois mes soirées, là-bas. C’est à cette époque que Jimmy Whoo m’a présenté deux ingénieurs du son qui étaient ses stagiaires : Émile, connu sous le nom de Johnny Ola, et Ghiles. En plaisantant, Jimmy m’a suggéré que je devrais aussi envisager de créer mon propre studio et de m’associer avec eux. Six mois plus tard, nous avons ouvert notre premier studio : le Goldstein Studio. Ce fut un tournant décisif dans ma carrière, car cela m’a permis de concrétiser ma passion pour la musique et le business de la musique.
Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?
Alors, pour être totalement transparent, je suis justement cette personne qui ne sort (presque) jamais à des concerts ! Je préfère m’en remettre aux recommandations des autres lauréats pour répondre à cette question !
Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?
Travailler dans la musique est venu très naturellement pour moi, car j’ai toujours été bercé par cet univers. Il est difficile de répondre à la question par le « quoi », mais je peux clairement répondre par le « qui ». C’est en grande partie grâce à mon cousin Jimmy Whoo et aussi à mon père, qui a toujours fait de la musique à la maison pendant mon enfance, que cette passion a pris forme.
Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?
« How Does It Make You Feel? » – Air
« Breakfast In America » – Supertramp
« (Theme from) Midnight Express » – Georgio Moroder
« Maggot Brain » – Funkadelic
« Creep – Very 2021 Rmx » – Thom Yorke, Radiohead
« Windswept » – Johnny Jewel
« God Moving over the Face of the Water » – Moby
« Be My Baby » – The Ronettes
« You Can Have It All » – George McCrae
« Human After All » – Daft Punk
SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?
Cette réflexion s’applique à l’ensemble de mes activités, que ce soit en tant qu’avocat ou producteur de musique. Deux enjeux majeurs me viennent à l’esprit.
Tout d’abord, l’évolution technologique, particulièrement avec l’essor de l’intelligence artificielle. Il est crucial de s’adapter à cette réalité, sans pour autant renier son existence ni se laisser submerger par elle. Je pense qu’il est essentiel de considérer l’IA comme un outil, à l’image des moteurs de recherche comme Google, qui peuvent enrichir notre travail plutôt que de le remplacer.
En parallèle, le deuxième enjeu réside dans le rythme effréné auquel l’information circule aujourd’hui, un monde où la musique est souvent consommée et digérée presque instantanément. Dans ce contexte, il est impératif de continuer à innover, mais également de prendre le temps nécessaire pour privilégier la qualité et l’originalité de nos créations. Cela signifie résister à la tentation de produire à la va-vite et de s’engager plutôt dans un processus créatif réfléchi, où chaque projet peut véritablement résonner avec le public.
En fin de compte, il me semble que c’est cette quête d’équilibre entre innovation et qualité qui définira notre capacité à perdurer dans cet environnement en constante évolution
Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?
Je peine à envisager une vie sans musique. Comme elle a toujours été une partie essentielle de mon existence, il est difficile d’imaginer un « avant » sans elle, ce qui rend l’idée d’un « après » tout aussi complexe.
Autre chose à rajouter ?
Pour finir, je voudrais simplement recommander un super livre : All You Need to Know About the Music Business de Donald Passman. Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez pas, c’est un ouvrage très utile, et l’auteur est vraiment inspirant.
3 songs/musical works that have been important in your life and why ?
To quote Martin Scorsese from the beginning of the interview, which is featured in the opening scene of the film Mean Streets, the song Be My Baby immediately follows and has been a true revelation. I love paradoxes, and this track, used to open a film set in a city where violence is omnipresent, has a certain softness to it. This unexpected alliance between music and film creates something unique, transforming my perspective on how to bring together opposites and play with contrasts. This applies to both my compositions and my everyday life, as I work with very different people and juggle being both a lawyer and a musician. The first job demands a lot of restraint and rigor, while the second invites a form of creative madness. (For the record, Be My Baby has been my alarm clock for over a decade.)
This is a song that Jimmy Whoo introduced me to, and at the time, we would listen to it on repeat. This track played a crucial role in my desire to move toward electronic music. It’s also thanks to this song that I discovered Johnny Jewel, a member and producer of Chromatics, as well as the founder of the label Italians Do It Better. Even today, his work continues to influence me greatly, particularly for the finesse of his production, his cohesive artistic vision, and the deeply cinematic quality of his compositions.
« You Can Have It All » – George McCrae
There’s something inexplicable about this song. It’s one of my favorites, and although it’s relatively simple in its writing and composition, it exudes incredible power. Both light and deep, it conveys a sense of freedom that resonates strongly with me. This song also takes me back to my early days in Los Angeles. It’s a timeless piece that, with every listen, manages to capture that moment of fullness and absolute freedom (it’s also included alongside Be My Baby in my playlist of 10 tracks at the end of the article).
Golden Ticket moment : when did you get your big break ?
The turning point for me came in 2015 when I was at Grande Ville Studio. I spent my days, and sometimes my evenings, there. It was during this time that Jimmy Whoo introduced me to two sound engineers who were his interns: Émile, known as Johnny Ola, and Ghiles. Jokingly, Jimmy suggested that I should also consider starting my own studio and partnering with them. Six months later, we opened our first studio: Goldstein Studio. This was a decisive turning point in my career, as it allowed me to realize my passion for music and the music business.
The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out ?
To be totally honest, I’m exactly that person who hardly ever goes to concerts! So, I’d rather rely on the recommendations from the other awards winners to answer this question!
Why on earth did you want to work in music ?
Working in music came very naturally to me, as I’ve always been surrounded by this world. It’s hard to answer the question in terms of “what,” but I can definitely answer in terms of “who.” My passion took shape largely thanks to my cousin Jimmy Whoo and my father, who always made music at home during my childhood.
You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?
« How Does It Make You Feel? » – Air
« Breakfast In America » – Supertramp
« (Theme from) Midnight Express » – Georgio Moroder
« Maggot Brain » – Funkadelic
« Creep – Very 2021 Rmx » – Thom Yorke, Radiohead
« Windswept » – Johnny Jewel
« God Moving over the Face of the Water » – Moby
« Be My Baby » – The Ronettes
« You Can Have It All » – George McCrae
« Human After All » – Daft Punk
SRSLY (seriously): what are the stakes of your job within the next 5 years in your opinion ?
This reflection applies to all of my activities, whether as a lawyer or a music producer. Two major challenges come to mind.
First, the evolution of technology, particularly with the rise of artificial intelligence. It is crucial to adapt to this reality without denying its existence or being overwhelmed by it. I believe it’s essential to view AI as a tool, similar to search engines like Google, which can enhance our work rather than replace it.
At the same time, the second challenge lies in the rapid pace at which information circulates today—a world where music is often consumed and digested almost instantly. In this context, it is imperative to continue innovating while also taking the necessary time to prioritize the quality and originality of our creations. This means resisting the temptation to produce hastily and instead engaging in a thoughtful creative process, where each project can genuinely resonate with the audience.
Ultimately, it seems to me that this quest for balance between innovation and quality will define our ability to endure in this constantly evolving environment.
Is there life after music, and what would yours be ?
I find it hard to envision a life without music. Since it has always been an essential part of my existence, it’s difficult to imagine a « before » without it, which makes the idea of an « after » equally complex.
Anything else you’d like to add ?
To wrap up, I just want to recommend a fantastic book: “All You Need to Know About the Music Business” by the veteran music lawyer Donald Passman. If you haven’t read it yet, go for it! It’s an incredibly useful book, and the author is truly inspiring.
Une réflexion sur “#PrixLNO2024 : Ariel Levy « Artiste-Entrepreneur·e » en partenariat avec la GAM”