Ariel Levy - Lauréat Artiste-Entrepreneur·e

#PrixLNO2024 : Ariel Levy « Artiste-Entrepreneur·e » en partenariat avec la GAM

« You don’t make up for your sins in church. You do it in the streets. You do it at home. The rest is bullshit and you know it. » – Martin Scorsese (“Mean Streets” scène d’ouverture du film)

Poste actuel / Current position

Avocat / Auteur-compositeur – Peter Dallas / Collaborateur de studio d’enregistrement


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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« Be My Baby » – The Ronettes

Pour reprendre la citation de Martin Scorsese mentionnée en début d’interview, présente dans la scène d’ouverture du film Mean Streets, la chanson Be My Baby s’enchaîne immédiatement et a été une véritable révélation. J’aime les paradoxes, et ce morceau, utilisé pour ouvrir un film qui nous plonge dans une ville où la violence est omniprésente, est d’une certaine douceur. Cette alliance inattendue entre la musique et le cinéma provoque quelque chose d’unique, qui a transformé ma vision sur la manière de réunir des opposés et de jouer avec les contrastes. Cela s’applique aussi bien à mes compositions qu’à mon quotidien, en travaillant avec des personnes très différentes, ou encore en étant à la fois avocat et musicien. La première profession demande beaucoup de retenue et de rigueur, tandis que la seconde invite à une forme de folie créative.

(Et pour l’anecdote, Be My Baby est mon réveil depuis plus d’une dizaine d’années).

« In the City » – Chromatics

C’est une chanson que Jimmy Whoo m’a fait découvrir, et à l’époque, on l’écoutait en boucle. Ce morceau a joué un rôle décisif dans mon envie de me tourner vers la musique électronique. C’est aussi grâce à cette chanson que j’ai découvert Johnny Jewel, membre et producteur de Chromatics, ainsi que fondateur du label Italians Do It Better. Aujourd’hui encore, son travail continue de m’influencer énormément, notamment pour la finesse de sa production, sa vision artistique cohérente et l’aspect profondément cinématographique de ses compositions.

« You Can Have It All » – George McCrae

Il y a quelque chose d’inexplicable dans cette chanson. C’est l’une de mes préférées, et bien qu’elle soit assez simple dans son écriture et sa composition, elle dégage une puissance incroyable. A la fois légère et profonde, elle transmet un sentiment de liberté qui résonne particulièrement en moi. Cette chanson me ramène aussi à mes premières fois à Los Angeles. C’est une pièce intemporelle qui, à chaque écoute, réussit à capturer ce moment de plénitude et de liberté absolue (également présente aux côtés de Be My Baby dans ma playlist de 10 titres en fin d’article).

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Le moment déterminant pour moi a eu lieu en 2015 lorsque j’étais au Grande Ville Studio. Je passais mes journées, et parfois mes soirées, là-bas. C’est à cette époque que Jimmy Whoo m’a présenté deux ingénieurs du son qui étaient ses stagiaires : Émile, connu sous le nom de Johnny Ola, et Ghiles. En plaisantant, Jimmy m’a suggéré que je devrais aussi envisager de créer mon propre studio et de m’associer avec eux. Six mois plus tard, nous avons ouvert notre premier studio : le Goldstein Studio. Ce fut un tournant décisif dans ma carrière, car cela m’a permis de concrétiser ma passion pour la musique et le business de la musique.

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Alors, pour être totalement transparent, je suis justement cette personne qui ne sort (presque) jamais à des concerts !  Je préfère m’en remettre aux recommandations des autres lauréats pour répondre à cette question !

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Travailler dans la musique est venu très naturellement pour moi, car j’ai toujours été bercé par cet univers. Il est difficile de répondre à la question par le « quoi », mais je peux clairement répondre par le « qui ». C’est en grande partie grâce à mon cousin Jimmy Whoo et aussi à mon père, qui a toujours fait de la musique à la maison pendant mon enfance, que cette passion a pris forme.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Écoutez la playlist <<

« How Does It Make You Feel? » – Air
« Breakfast In America » – Supertramp
« (Theme from) Midnight Express » – Georgio Moroder
« Maggot Brain » – Funkadelic
« Creep – Very 2021 Rmx » – Thom Yorke, Radiohead
« Windswept » – Johnny Jewel
« God Moving over the Face of the Water » – Moby
« Be My Baby » – The Ronettes
« You Can Have It All » – George McCrae
« Human After All » – Daft Punk

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Cette réflexion s’applique à l’ensemble de mes activités, que ce soit en tant qu’avocat ou producteur de musique. Deux enjeux majeurs me viennent à l’esprit.

Tout d’abord, l’évolution technologique, particulièrement avec l’essor de l’intelligence artificielle. Il est crucial de s’adapter à cette réalité, sans pour autant renier son existence ni se laisser submerger par elle. Je pense qu’il est essentiel de considérer l’IA comme un outil, à l’image des moteurs de recherche comme Google, qui peuvent enrichir notre travail plutôt que de le remplacer.

En parallèle, le deuxième enjeu réside dans le rythme effréné auquel l’information circule aujourd’hui, un monde où la musique est souvent consommée et digérée presque instantanément. Dans ce contexte, il est impératif de continuer à innover, mais également de prendre le temps nécessaire pour privilégier la qualité et l’originalité de nos créations. Cela signifie résister à la tentation de produire à la va-vite et de s’engager plutôt dans un processus créatif réfléchi, où chaque projet peut véritablement résonner avec le public.

En fin de compte, il me semble que c’est cette quête d’équilibre entre innovation et qualité qui définira notre capacité à perdurer dans cet environnement en constante évolution

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?

Je peine à envisager une vie sans musique. Comme elle a toujours été une partie essentielle de mon existence, il est difficile d’imaginer un « avant » sans elle, ce qui rend l’idée d’un « après » tout aussi complexe.

Autre chose à rajouter ?

Pour finir, je voudrais simplement recommander un super livre : All You Need to Know About the Music Business de Donald Passman. Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez pas, c’est un ouvrage très utile, et l’auteur est vraiment inspirant.

« Be My Baby » – The Ronettes

« In the City » – Chromatics

« You Can Have It All » – George McCrae

>> Listen to the playlist <<

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