#PrixLNO2022 : Emma Kerssenbrock « Artiste-Entrepreneur.e » en partenariat avec la GAM

« L’artiste doit être total, sinon il est mort. » – CHOMO

Université / University

DNSEP avec les félicitations du jury en spécialité arts sonores, HEAR Strasbourg
Cursus de professionnalisation en composition électroacoustique, Cité de la musique et de la danse, Strasbourg 

DNSEP with congratulations of the jury in sound arts, HEAR Strasbourg
Professionalization course in electroacoustic composition, Cité de la musique et de la danse, Strasbourg.

Mémoire / Research paper

INGRATS / Autorité et protocole ; vers de nouvelles formes de narration

UNGRATEFUL / Authority and protocol; towards new forms of narration

Poste actuel / Current position

Artiste indépendant / Fondateur de l’association Incessante / Co-fondateur du collectif Ligojn

Independent artist / Founder – association Incessante / Co-founder – Ligojn collective

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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« Boy of the yearniverse » – Medusa

Non seulement Medusa est un.e artiste méconnu.e à découvrir au plus vite, mais je me suis identifié (notamment sur les questions de genre) à cette chanson en particulier dans un moment difficile de ma vie

« La rêveuse » – Marin Marais interprétée par Jordi Savall, extrait du film « Tous les matins du monde »

Mon titre préféré à écouter lorsque que je suis triste et que je veux être encore plus triste, c’est mon côté fleur bleue. 

« The Texas Chainsaw Massacre, Opening title – soundtrack 1974 » Tobe Hooper & Wayne Bell

Une claque audiovisuelle aux sons glaçants qui m’a inspiré pour ma musique expérimentale et qui m’a permis de me dire qu’elle était valide.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Le système du marché de l’art me dérangeant profondément au niveau éthique, j’ai souhaité m’orienter vers la musique pour pouvoir vivre de ma création tout en respectant ma déontologie en terme de rémunération. C’est du désir cathartique de dépasser mon anxiété sociale qu’est née mon envie de faire de la scène. Et ça m’a bien aidé. 

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Le dernier concert marquant que j’ai vu est celui de John Zorn avec ses « angels » au Louvre et à la Philarmonie de Paris, une tripotée de lives délirants.

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Je n’ai absolument pas l’oreille musicale, mais j’ai toujours aimé tâtonner les arts sonores. Mes pratiques sont multiples et interdisciplinaires. Après de fâcheuses expériences de lives planqué derrière un ordi ou une console, j’ai trouvé ma quiétude en osant me mettre en scène. 

Performeur, musicien parfois mainstream parfois expérimental, mon travail est valorisé lorsqu’il se retrouve face à un public.
Amateur féru de musiques en tout genre, il était donc naturel pour moi de m’orienter vers cette profession. Car j’aime autant en écouter qu’en composer.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Ecouter la playlist <<

« Live Jan. 31, 1997 Pt.3/6 » – John Zorn, Mike Patton, Ikue Mori
« Tellement bon » – Stupeflip
« Ghareebah » – Kamilya Jubran
« Boule (viens ici!) » – Ptôse
« Kamadhenu (Part 1) » – Merzbow
« The dead side of the moon » – Steven Stapleton et David Tibet
« Frappe ton coeur » – Colette Magny
« Lente dépression » – Arne Vinzon
« Monsters over Bangkok » – The Lounge Lizards
« Fantasia No. 10, TWV 40:11 » – Marika Lombardi

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Promouvoir avec mon association des musicien.nes underground et avant-garde ainsi que des performances insolites. L’hybridation de ces médiums est essentielle pour moi.
Organiser un maximum d’évènements pour offrir de la visibilité à des personnes qui le méritent et offrir un autre contenu à voir que le mainstream. 
En parallèle, je souhaite continuer mon projet perso Techno-punk / Alt-pop dégénérée « Comtesse du ghetto ». Ce qui me fait vibrer, c’est d’être sur scène.
Si je pouvais vivre de mes tournées sans pour autant devenir aussi famous que Beyonce, ça me suffirait amplement. 
S’ajoute à ce personnage mes autres alter-ego, performeur et musicien expérimental. Faire un maximum de dates et bouger sans cesse ! Ne jamais m’arrêter dans mes expérimentations… 

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?

Je ne suis pas sûr qu’une vie sans la musique soit concevable, j’imagine que même si je ne fait plus de scène je continuerai toujours à chanter au moins pour le plaisir.
Mais si ma vie devait ressembler à quelque chose, elle serait très simple. A vrai dire je l’ai déjà entamé il y a quelques années en achetant une maison à la campagne quand j’ai voulu m’extraire du milieu artistique. Vivre proche de la nature, jardiner, tailler du bois… Faire des activités nécessaires à la survie, ça fait du bien à l’âme. 

Autre chose à rajouter ?

C’était trop dur de choisir seulement dix morceaux ! Quand je regarde ma liste, je constate qu’on y trouve essentiellement des hommes.
Le milieu de la musique est en train d’évoluer concernant les minorités de genre, j’espère qu’on est sur la bonne pente !
Merci à La Nouvelle Onde d’œuvrer pour cette cause. 

…And now, in English…

3 songs/musical works that have been important in your life and why ?

« Boy of the yearniverse » – Medusa

Not only is Medusa a little-known artist to be discovered as soon as possible, but I identified with this particular song (especially on gender issues) at a difficult time in my life.

« La rêveuse » – Marin Marais interprétée par Jordi Savall, extrait du film « Tous les matins du monde »

My favorite song to listen to when I’m sad and want to be even sadder.

« The Texas Chainsaw Massacre, Opening title – soundtrack 1974 » Tobe Hooper & Wayne Bell

An audiovisual slap in the face with chilling sounds that inspired me for my experimental music and allowed me to say that it was valid.

Golden Ticket moment : when did you get your big break ?

After the end of my artistic studies, I decided to concentrate on one practice in order to be able to deepen it.
The art market system deeply disturbing me on an ethical level, I wished to turn to music to be able to live from my creation while respecting my ethics in terms of remuneration. It is from the cathartic desire to overcome my social anxiety that my desire to perform was born. And it helped me a lot.

The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out?

The last outstanding concert I saw was John Zorn’s concert with his « angels » at the Louvre and at the Philarmonie de Paris, a bunch of crazy lives.

Why on earth did you want to work in music?

I have absolutely no musical ear, but I have always liked to dabble in the sound arts. My practices are multiple and interdisciplinary.
After some unfortunate experiences of live shows hidden behind a computer or a console, I found my peace of mind by daring to put myself on stage.
Performer, musician sometimes mainstream sometimes experimental, my work is valued when it is in front of an audience.
As a music lover of all kinds, it was natural for me to turn to this profession. Because I like listening to it as much as composing it.

You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?

>> Ecouter la playlist <<

« Live Jan. 31, 1997 Pt.3/6 » – John Zorn, Mike Patton, Ikue Mori
« Tellement bon » – Stupeflip
« Ghareebah » – Kamilya Jubran
« Boule (viens ici!) » – Ptôse
« Kamadhenu (Part 1) » – Merzbow
« The dead side of the moon » – Steven Stapleton et David Tibet
« Frappe ton coeur » – Colette Magny
« Lente dépression » – Arne Vinzon
« Monsters over Bangkok » – The Lounge Lizards
« Fantasia No. 10, TWV 40:11 » – Marika Lombardi

SRSLY (seriously): what are the stakes of your job within the next 5 years in your opinion ?

To promote with my association underground and avant-garde musicians as well as unusual performances. The hybridization of these mediums is essential for me.
To organize a maximum of events to offer visibility to people who deserve it and to offer another content to see than the mainstream.
In parallel, I want to continue my personal project Techno-punk / Alt-pop degenerate « Countess of the ghetto ». What makes me vibrate is to be on stage.
If I could live from my tours without becoming as famous as Beyonce, that would be enough for me.
Added to this character are my other alter-egos, performer and experimental musician. Do a maximum of dates and move constantly ! Never stop in my experimentations…

Is there life after music, and what would yours be ?

I’m not sure that a life without music is conceivable, I imagine that even if I don’t perform anymore I will still sing at least for fun.
But if my life were to look like something, it would be very simple. To tell the truth, I already started it a few years ago by buying a house in the country when I wanted to get away from the artistic world. To live close to nature, to garden, to carve wood… Doing activities necessary for survival, it’s good for the soul.

Anything else you’d like to add ?

It was too hard to choose only ten pieces! When I look at my list, I see that it’s mostly men.
The music industry is evolving regarding gender minorities, I hope we are on the right track!
Thanks to La Nouvelle Onde for working for this cause.

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