#PrixLNO 2019 : Sophie Griffon – « Artistes-Entrepreneur.e »

« If we are ever going to achieve a rational approach to organizing our affairs, we have to dignify the process of admitting to being wrong. It doesn’t help matters at all if the media, or your friends, accuse you of « flip- flopping » when you change your mind. Changing our minds is our hope for the future. » – Brian Eno, What Have You Changed Your Mind About?: Today’s Leading Minds Rethink Everything

Université / University

Diplôme « Niveau 3 » Animatrice en expression radiophonique (Studio école de France, Issy les Moulineaux) / Degree « Level 3 » Radio animator (Studio école de France )

Licence Communication électronique (Université Lyon 2) / Electronic communication degree (Lyon 2 University)

DEM d’électroacoustique (ENM de Villeurbanne) / Electroacoustic degree (ENM of Villeurbanne)

Poste actuel / Current position

Musicienne @ Odalie, Artiste intervenante @ AADN, Musicienne électronique @ Collectif de l’âtre, Co- administratrice @ Le Séquenceur, Compositrice/Musicienne indépendante pour le théâtre, la danse et les arts numériques

Composer and musician @ Odalie, Artist @ AADN, Electronic musician @ Collectif de l’âtre, Co-Administrator @ Le Séquenceur, Independant composer

 

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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« The Wider Sun » – Jon Hopkins

C’est la musique qui m’a donné envie de travailler avec des cordes et de mélanger musique électronique et instruments classiques.

« Naphtaline » – Ez3kiel

J’adore Ez3kiel depuis mon adolescence, et particulièrement l’album « The Naphtaline Orchestra » que je trouve rempli d’une douce mélancolie.

« 23:52 » – Nils Frahm / Olafur Arnalds

Deux de mes musiciens préférés, qui m’ont fait comprendre que
« sobriété » ne rime pas forcément avec « pauvreté », rassemblés sur une session magnifiquement intimiste.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Le fait d’être accepté à l’ENM de Villeurbanne en cursus de MAO avec Guillaume Dussably, tout ce qui est arrivé après a découlé de ces auditions et de cette classe que j’ai réussi à intégrer. J’ai énormément gagné en technique grâce à cette école. Avant j’avais les idées, j’avais l’envie, je savais ce que je voulais faire et raconter mais j’avais énormément de difficultés à mettre tout ça en oeuvre. Arranger, mixer mes morceaux, apprendre tous les types de synthèse du son, comprendre les codes aussi de chaque musique et surtout ceux de la musique que je voulais faire, puis ensuite réussir à les casser, c’est tout ce que m’a permis l’ENM. Grâce à ces cours j’ai aussi réussi à envisager de travailler avec un violoncelliste alors que je n’avais aucune notion de solfège, je me suis lancée dans des choses de plus en plus compliquées pour moi, sereine sur le fait que j’allais de toute façon finir par les apprendre et les comprendre.

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Nils Frahm définitivement, je l’ai vu 2 fois et ça a été une claque les 2 fois. Il faut dire que la première fois c’était pendant toute une nuit au Louvre, et vu le contexte d’écoute il n’y avait pas mieux pour découvrir et apprécier ce type de musique. Avant de commencer son dernier titre il a annoncé qu’à la fin du morceau on verrait les premiers rayons du soleil passer à travers la vitre de la pyramide du Louvre, à ce moment là il a fait chanter toute l’audience une petite boucle d’un de ces morceaux qu’il chante lui même tout doucement, c’était super émouvant.

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Quand j’étais petite il y avait une chose qui me faisait particulièrement rêver c’était la radio, j’écoutais constamment la radio et tout particulièrement une émission qui s’appelle « Les filles du Mouv’ » sur le Mouv’ donc le soir qui était animée par Emilie. Je crois qu’Emilie avait raconté une fois qu’elle voulait être journaliste de musique et en fait ça m’avait fait immédiatement rêver dans ma chambre d’ado iséroise. Entre temps j’ai en effet travaillé à la radio, en tant qu’animatrice, et puis après je crois que j’ai fini par comprendre qu’au fond je ne voulais pas vraiment parler de ce que les gens faisaient en musique mais en faire moi même, j’avais des choses à dire. J’ai toujours eu du mal à assumer que c’était moi qui allait créer le contenu et non en parler. Aujourd’hui je ne regrette vraiment pas. J’avais vraiment plein de choses à exprimer.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

Je pense que si je rencontrais des Aliens demain, ma première envie serait de leur faire comprendre la complexité des émotions humaines. Et la musique est l’un des meilleurs outils pour faire passer ça.

>> Ecouter la playlist <<

« Rhubarb » – Alphex Twin
« Vipers Follow You » – Amon Tobin
« Kaleidoscope » – Nils Frahm
« Oldurot ft. SinfoniaNord, Atli Orvarsson » – Olafur Arnalds
« To Speak of Solitude » – Brambles
« Form by Firelight » – Jon Hopkins
« Ekki mukk » – Sigur Ros
« Miss You » – Trentemoller
« Keep the Streets Empty for Me » – Fever Ray
« Le Lac des Signes » – Ez3kiel

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Pour moi le gros enjeu c’est la diversité de styles et d’approches dans la musique et dans les arts de manière générale. Je fais une musique atmosphérique, qui s’écoute plus qu’elle ne se danse et aujourd’hui alors qu’on a du mal à accorder aux autres quelques minutes de notre attention, faire le choix de défendre une musique lente, douce, qui essaye de toucher aux émotions c’est un vrai pari. Je ne souhaite pas faire du divertissement, je cherche à toucher les gens avec des émotions, authentiques et brutes, et j’ai envie qu’ils s’y connectent, c’est même nécessaire pour comprendre mon propos. C’est pas un pari évident je dois vous l’avouer. Je pense que je m’intéresse beaucoup à l’attention, l’attention qu’on donne aux autres, mais qu’on se donne aussi à soi même, la façon de prendre soin, des autres et de soi. En bref, mon enjeu à moi c’est de faire vivre des musiques et des arts différents, des expériences, qui touchent au sensible et à l’intime.

 

 Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?

Il y a une vie après la musique, il y a même une vie pendant la musique et il y en avait une avant. J’ai travaillé à la radio, j’ai été clown, j’ai fait du recrutement de donateurs pour des ONG, vécu en squat, ai été engagée politiquement (et le suis toujours), et tout ça je l’ai fait avec un seul objectif en tête: des rêves et des idéaux. Aujourd’hui la musique c’est ma façon de répondre à l’ensemble de ces idées qui me tiennent à coeur, j’ai cherché un moyen pendant longtemps. J’ai la chance de faire des collaborations en tant que compositrice qui parlent de ces idéaux, des projets qui parlent de transition écologique, d’attention, des projets qui sont véritablement politiques et qui parlent d’humain aussi. L’association le Séquenceur que je co-administre défend aussi mon idée d’une façon d’apprendre différente, plus horizontale, que je défendais déjà en squat. En bref, s’il ne devait plus y avoir de musique, il y aurait une autre façon de s’exprimer mais là, c’est cool.

 

Autre chose à rajouter ?

Sans doute le fait que je suis ravie de faire partie du Prix LNO qui défend toutes les valeurs de bienveillance et d’entraide qui me sont chères. Une profonde admiration aussi pour sa fondatrice Emily Gonneau qui fait partie de ces femmes fortes, talentueuses et déterminées, des exemples dont on a vraiment besoin en tant que jeune femme qui se lance dans une carrière pas toujours évidente et semée d’embûches.

Sinon j’aimerais aussi vous inviter à suivre l’actualité de mon projet Odalie, un duo violoncelle / machines qui va s’agrandir cette année puisque nous le transformons en live audiovisuel avec l’artiste graphique Alma Alta. Hâte de vous en montrer plus.

 

 

 

…And now, in English…

3 songs/musical works that have been important in your life and why ?

« The Wider Sun » – Jon Hopkins

This track made me want to experiment with strings and to mix electronic music and classical instruments.

« Naphtaline » – Ez3kiel

I love Ez3kiel since my adolescence, especially « The Naphtaline Orchestra » album, its transpires a soft melancholy.

« 23:52 » – Nils Frahm / Olafur Arnalds

Two of my favourite musicians. With them I understood that sobriety does not necessarily mean simplicity, we find this in their magnificent intimate session.

Golden Ticket moment : when did you get your big break ?

When I was accepted to the National Music School of Villeurbanne, ENM, in the Electronic Music cursus with Guillaume Dussably. Everything that happened after that has derived from this admission. I learned so much about technique thanks to this school. Before then, I had the ideas, I had the will, I knew what I wanted to do and say but I didn’t know how to make it happen. With the school I learned how to arrange, mix my songs, use the different types of sound synthesis, understood musical codes, specially the ones from the music I wanted to do. I also learned to break the rules, ENM helped me doing all of this. Thanks to these classes I also decided to work with a cello player even if didn’t know anything about music theory, I deep dived into gradually complicated works, serene about the fact that I would be able to learn and understand.

The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out?

Definitly Nils frahm. I saw him twice and it was mad. The first time was during a night in « Le Louvres » and the listening environment was the best to discover and appreciate this kind of music. Before starting his last track he announced that at the end of the track we would see the first lights of the sunrise going through the glasses of the Louvres pyramid. At this moment he started to make the audience sing a little loop of one of his track that he sang really gently. It was really moving.

Why on earth did you want to work in music?

 When I was a child there was something I was particularly dreaming about : radio. I was constantly listening to it, and more specifically to a show called « Les filles du Mouv’ » on « Le mouv’ radio » obviously. I think that Emilie, the main radio animator once told that she wanted to be a musical journalist and it immediately started to make me dream from my teenage bedroom. Meanwhile I indeed worked on the radio as an animator, and then after I think I realized that deep inside me I didn’t really wanted to talk about the music made by others but to create my own. I had things to say. I had troubles to assume that I would create the content and not talk about it. Today I don’t regret a bit. I had too much things to express.

You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?

I think if I met aliens tomorrow, my first thought would be to make them understand the complexity of human feelings. And music is one of the best tool for that.

>> Listen to the playlist <<

« Rhubard » – Alphex Twin
« Vipers Follow You » – Amon Tobin
« Kaleidoscope » – Nils Frahm
« Oldurot ft. SinfoniaNord, Atli Orvarsson » – Olafur Arnalds
« To Speak of Solitude » – Brambles
« Form by Firelight » – Jon Hopkins
« Ekki mukk » – Sigur Ros
« Miss You » – Trentemoller
« Keep the Streets Empty for Me » – Fever Ray
« Le Lac des Signes » – Ez3kiel

SRSLY (seriously) : what are the stakes of your job within the next 5 years ?

For me the big stake is diversity in style and approach in music and arts. I’m doing atmospheric music, a music made for attentive listening more than for dancing. In days in which we have troubles to focus our attention for a few minutes, making the choice to promote a soft, slow music which try to touch feelings is quite a challenge. I don’t want just to entertain, my purpose is to touch with emotions, authentic and rough feelings, to connect with people through it. I think it’s necessary to understand the purpose of what I do. I must concede it’s not an easy challenge. I think I’m really interested in attention, the one you give to others or to yourself, the way to take care of others or yourself. Shortly, my stake is to make people experience alternative musics and arts, global art experiences, which touch the intimacy.

Is there life after music, and what would yours be ?

There is a life after music, there is even a life during music and there was one before. I worked on radio, for ONGs, lived in squats, committed in political actions ( still am ), and I did all of this for one purpose: dreams and ideals. Today music is my way to answer to all these ideas that I care about, I searched a way for a long time. I have the chance to collaborate as a composer on projects that talk about these ideals, projects that speak about ecological transition, attention, projects with political ideas, which speak about human. « Le Séquenceur » the association I co-manage support my way to think about learning habits, something with horizontal hierarchy that I supported before in squat self-management systems. If there wasn’t music anymore, I would find an other way to express myself, but music is cool so…

Anything you’d like to add ?

Undoubtely the fact that I am very glad to be part of the LNO Prize wich support every values of goodwill and mutual aid that are important to me.

I have a profond admiration for her founder Emilie Gonneau who is part of these strong women, talented and committed, exemples that we really need as young woman starting a career filled with challenges.

Otherwise, I’d like to invite you to follow the news of my project Odalie, a cello / synths duo that is growing this year. In fact we transform it into an audiovisual live with the visual artist Alma Alta. Look forward to show you more.

 

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