#30demoinsde30 2024 : Anissa Rami

« On dormira quand on sera mort »

Master Science politique – Diversités et discriminations (Paris 8)

De la gentrification urbaine à la gentrification scolaire

Journaliste indépendante / Autrice de podcast / Conférencière / Coordinatrice, 33 carats magazine/ Freelance

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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« Sans (re)pères » – Sniper

Quand j’étais petite je disais que c’était mon morceau préféré, et ça n’a pas bougé. Le piano, leurs couplets, le refrain… La sincérité avec laquelle ils racontent leurs histoires, ils parlent à tout le monde. 

« La mère des enfants perdus » – Keny Arkana

Utiliser la métaphore d’une femme pour parler de la rue et ses vices, c’est un classique dans le rap français. Mais la manière dont Keny Arkana le fait dans ce son, c’est cru, c’est réel, il surpasse tous les autres. Il m’a mis une claque à l’époque.

« Whine up » – Aya Nakamura

Aya m’accompagne partout depuis son premier album. La phrase de ce morceau qui me touche et me fait du bien à chaque cou de mou c’est : “J’ai couronne sur la te-tê, couronne sur la te-tê” Simple, mais il faut se le rappeler régulièrement.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

J’avais fini mes études, j’étais surveillante dans un collège et un peu perdue. Je vais à l’anniversaire d’une copine et je parle avec un gars (que je n’ai jamais revu) il me dit : “Tu connais le Bondy Blog ?” Je lui dis oui de nom. Il me dit : “Vas-y les confs de rédaction sont ouvertes.” Le mardi d’après, j’y vais,  je propose des sujets, j’écris. Et là je me suis dis : “C’est ça que je dois faire”. Si ce gars passe par là : MERCI !

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Shay, si elle refait des concerts, ne les loupez pas. Scénographie, chorées, voix, tout y est.

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

C’était pas prévu. A la base je suis juste une auditrice de rap. Je pensais être journaliste politique (c’est l’engagement qui m’a fait aimer le rap), donc j’ai toujours un truc à critiquer. J’avais toujours un truc à dire sur le rap, un angle différent, politique. Au lieu d’en parler, j’ai écrit, fait des vidéos, et même enquêté pour Médiapart sur les conditions de travail des vixens. C’était parti.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Écoutez la playlist <<

« Si c’était le dernier » – Diam’s
« L’4mour » – Médine
« Pompom » – Aya Nakamura
« Guerilla » – Soolking
« Not tonight » – Lil’ Kim
« Still loving you » – Scorpion
« Monstres » – Zamdane
« O’kartier c’est la Hess » – 4 keus
« Show me love » – Lala&ce
« Say my name » – Destiny’s child
« Sans (re)pères » – Sniper

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Que le journalisme existe encore. Que l’auto-entreprenariat qui précarise ne devienne pas la norme (illégal dans le journalisme mais pourtant beaucoup appliqué). Que le nombre de followers et la présence sur les réseaux sociaux ne soient pas une condition pour pouvoir travailler. Garder des médias et des journalistes indépendants, qui enquêtent et dénoncent. Bref ne pas trop se faire manger pas le capitalisme.

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?

Bien sûr. J’en écouterai toujours, j’en ferai toujours découvrir, j’aurai toujours un avis dessus. Mais pour moi ce qui est important c’est de s’appuyer sur la musique pour analyser la société, de servir l’engagement. Et il y a plein de manières d’être engagé, de dénoncer. A travers des films, des livres, des luttes politiques concrètes, des organisations collectives. La vie après ce serait continuer à militer, mais avec d’autres canaux.

« Sans (re)pères » – Sniper

« La mère des enfants perdus » – Keny Arkana

« Whine up » – Aya Nakamura

>> Listen to the playlist <<

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