« On dormira quand on sera mort »
Université / University
Master Science politique – Diversités et discriminations (Paris 8)
Master in political science – Diversity and discrimination (Paris 8)
Mémoire / Research paper
De la gentrification urbaine à la gentrification scolaire
Fom urban gentrification to school gentrification
Poste actuel / Current position
Journaliste indépendante / Autrice de podcast / Conférencière / Coordinatrice, 33 carats magazine/ Freelance
Journalist / Podcaster / Lecturer / Coordinator, 33 carats magazine
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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?
Quand j’étais petite je disais que c’était mon morceau préféré, et ça n’a pas bougé. Le piano, leurs couplets, le refrain… La sincérité avec laquelle ils racontent leurs histoires, ils parlent à tout le monde.
« La mère des enfants perdus » – Keny Arkana
Utiliser la métaphore d’une femme pour parler de la rue et ses vices, c’est un classique dans le rap français. Mais la manière dont Keny Arkana le fait dans ce son, c’est cru, c’est réel, il surpasse tous les autres. Il m’a mis une claque à l’époque.
Aya m’accompagne partout depuis son premier album. La phrase de ce morceau qui me touche et me fait du bien à chaque cou de mou c’est : “J’ai couronne sur la te-tê, couronne sur la te-tê” Simple, mais il faut se le rappeler régulièrement.
Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?
J’avais fini mes études, j’étais surveillante dans un collège et un peu perdue. Je vais à l’anniversaire d’une copine et je parle avec un gars (que je n’ai jamais revu) il me dit : “Tu connais le Bondy Blog ?” Je lui dis oui de nom. Il me dit : “Vas-y les confs de rédaction sont ouvertes.” Le mardi d’après, j’y vais, je propose des sujets, j’écris. Et là je me suis dis : “C’est ça que je dois faire”. Si ce gars passe par là : MERCI !
Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?
Shay, si elle refait des concerts, ne les loupez pas. Scénographie, chorées, voix, tout y est.
Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?
C’était pas prévu. A la base je suis juste une auditrice de rap. Je pensais être journaliste politique (c’est l’engagement qui m’a fait aimer le rap), donc j’ai toujours un truc à critiquer. J’avais toujours un truc à dire sur le rap, un angle différent, politique. Au lieu d’en parler, j’ai écrit, fait des vidéos, et même enquêté pour Médiapart sur les conditions de travail des vixens. C’était parti.
Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?
« Si c’était le dernier » – Diam’s
« L’4mour » – Médine
« Pompom » – Aya Nakamura
« Guerilla » – Soolking
« Not tonight » – Lil’ Kim
« Still loving you » – Scorpion
« Monstres » – Zamdane
« O’kartier c’est la Hess » – 4 keus
« Show me love » – Lala&ce
« Say my name » – Destiny’s child
« Sans (re)pères » – Sniper
SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?
Que le journalisme existe encore. Que l’auto-entreprenariat qui précarise ne devienne pas la norme (illégal dans le journalisme mais pourtant beaucoup appliqué). Que le nombre de followers et la présence sur les réseaux sociaux ne soient pas une condition pour pouvoir travailler. Garder des médias et des journalistes indépendants, qui enquêtent et dénoncent. Bref ne pas trop se faire manger pas le capitalisme.
Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?
Bien sûr. J’en écouterai toujours, j’en ferai toujours découvrir, j’aurai toujours un avis dessus. Mais pour moi ce qui est important c’est de s’appuyer sur la musique pour analyser la société, de servir l’engagement. Et il y a plein de manières d’être engagé, de dénoncer. A travers des films, des livres, des luttes politiques concrètes, des organisations collectives. La vie après ce serait continuer à militer, mais avec d’autres canaux.
3 songs/musical works that have been important in your life and why ?
When I was a kid, I said this was my favorite song, and it hasn’t changed. The piano, their verses, the chorus… The sincerity with which they tell their stories, they speak to everyone.
« La mère des enfants perdus » – Keny Arkana
Using the metaphor of a woman to talk about the street and its vices is a classic in French rap. But the way Keny Arkana does it in this sound, it’s raw, it’s real, it surpasses all others. It was a slap in the face at the time.
Aya has been with me everywhere since her first album. The line from this song that touches me and makes me feel better at every slack neck is: “I’ve got a crown on my head, a crown on my head”. Simple, but it’s something you have to remind yourself of regularly.
Golden Ticket moment : when did you get your big break ?
I had finished my studies, I was a supervisor at a secondary school and a bit lost. I go to a friend’s birthday party and talk to a guy (who I’ve never seen again) and he says, “Do you know the Bondy Blog?” I tell him yes by name. He says, “Go ahead, the editorial conferences are open.” The following Tuesday, I went there, suggested topics and wrote. And that’s when I said to myself: “This is what I have to do”. If this guy comes along: THANKS !
The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out ?
Shay, if she does concerts again, don’t miss them. Scenography, choreography, vocals, it’s all there.
Why on earth did you want to work in music ?
It wasn’t planned. Basically, I’m just a rap listener. I thought I’d be a political journalist (it was commitment that made me love rap), so I always have something to criticize. I always had something to say about rap with a political angle. Instead of talking about it, I wrote about it, made videos, and even investigated the working conditions of vixens for Médiapart. That was it.
You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?
« Si c’était le dernier » – Diam’s
« L’4mour » – Médine
« Pompom » – Aya Nakamura
« Guerilla » – Soolking
« Not tonight » – Lil’ Kim
« Still loving you » – Scorpion
« Monstres » – Zamdane
« O’kartier c’est la Hess » – 4 keus
« Show me love » – Lala&ce
« Say my name » – Destiny’s child
« Sans (re)pères » – Sniper
SRSLY (seriously): what are the stakes of your job within the next 5 years in your opinion ?
That journalism still exists. That precarious self-employment does not become the norm (illegal in journalism, yet widely practiced). That the number of followers and presence on social networks should not be a condition of employment. Keep independent media and journalists who investigate and denounce. In short, we don’t want capitalism to eat us alive.
Is there life after music, and what would yours be ?
Of course I will. I’ll always listen to it, I’ll always make people discover it, I’ll always have an opinion on it. But for me, what’s important is to use music to analyze society, to be committed. And there are plenty of ways to be engaged, to denounce. Through films, books, concrete political struggles and collective organizations. Life afterwards would be to continue our activism, but through other channels.