#30demoinsde30 2024 : Paul Verdelet

Everyone’s an artist but no one has the time” – Car Seat Headrest – Hollywood 

Licence Pro – Production et Administration des Musiques Actuelles – Université de Lorraine
Master – Etudes Européennes Mention Droit de l’U.E. – Centre Européen Universitaire
Licence – Philosophie Générale – Université de Lorraine

Collecteur de Droits Voisins des Interprètes, Rights’Up / Fondateur, Carré Rond Musique / Musicien Indépendant, Radio Polo

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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« Gaslighting Abbie » – Steely Dan

Il y a des millions de détails de notre passé qu’on oublie et ma petite enfance ne fait pas exception. Cependant, je me souviens très bien avoir écouté cet album juste après sa sortie dans la voiture avec mon père puis dans ma chambre sur mon petit lecteur CD.
A l’époque, je suivais des cours d’initiation à la musique dans une MJC et j’avais insisté pour apprendre la batterie de cette chanson. Je ne me souviens pas du résultat… et c’est sans doute mieux comme ça. 

« American Idiot » – Green Day

Au collège, tout le monde écoutait le rap de l’époque : Akon, Booba, Rohff. De mon côté, j’avais été initié au punk rock par ma cousine; plus âgée et déjà lycéenne; qui m’avait même gravé une compilation. Première chanson du disque : American Idiot. Chanson qui m’a instantanément obsédé. Un moment fondateur de ma personnalité musicale: j’avais déjà la force de caractère d’écouter ce qui me plait vraiment et pas ce qui est en vogue.

« Mardy Bum » – Arctic Monkeys

Arrivé à la fin du collège, j’ai commencé la guitare. Ayant progressé de façon rapide dès les premières semaines d’apprentissage, j’ai intégré un groupe avec mes amis dans les quelques mois qui ont suivi. Première chanson que nous avons reprise tous ensemble : Mardy Bum des Arctic Monkeys. Une sensation inoubliable qui a inspiré tout ce qui a suivi. J’ai découvert par la même les Arctic Monkeys. Le début d’une bromance avec ce qui est devenu mon groupe préféré pendant très longtemps à partir de ce moment. Je m’identifiais beaucoup à Alex Turner et ça m’a motivé à composer ma propre musique. 

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

Je pense qu’il s’agit plus d’un cheminement au cours duquel des gens m’ont fait confiance à des moments où j’avais besoin qu’on le fasse. 

Il y a eu l’expérience en tant que musicien et manager de mon groupe Stereocrown qui m’a beaucoup appris. J’ai acquis en autodidacte toutes les bases de la gestion d’un projet musical: trouver des concerts, savoir les facturer, produire des disques, se créer un réseau professionnel. 

Ensuite il y a eu la licence professionnelle puis le stage en tant qu’assistant manager chez Oh La La Agency. Tiphaine Gagne m’a fait confiance à ce moment où j’en avais besoin et elle m’a permis de bénéficier d’une première expérience dans une structure reconnue par le milieu. Merci beaucoup Tiphaine!

Quelques mois plus tard, j’ai été embauché en CDI chez Rights’Up en tant que gestionnaire de droits voisins. Là encore, Aurélie et Damien m’ont fait confiance au moment où j’en avais besoin et je les remercie du fond du cœur. 

Désormais j’attends que d’autres me fassent confiance pour travailler avec moi sur les projets Radio Polo et Carré Rond Musique. Ecrivez-moi sans hésiter si mon profil vous parle!

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Je n’aurai pas de recommandation nominative car les goûts sont par nature subjectifs, mais je recommanderais à cette personne de conscientiser ses choix de concerts. Si vous n’iriez pas manger chez Mc Donald car c’est l’archétype du pire du capitalisme, n’allez pas voir Taylor Swift dans un stade plein à craquer pour le troisième jour de suite. Cela revient strictement au même. 

Allez découvrir les concerts de projets authentiques et indépendants qui dépendent vraiment de votre argent pour pouvoir continuer de tourner, produire des disques et peut-être même pour vivre dignement. 

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Au lycée, déjà totalement obsédé par la musique au point de négliger tout le reste, j’ai pensé à m’orienter vers les métiers de la musique. Problème à ce moment là : aller voir le conseiller d’orientation en expliquant que je voulais travailler dans la musique revenait un peu à demander à une intelligence artificielle de m’expliquer les sentiments humains. Réponse de sa part : « cherchez des écoles de musique, mais elles sont chères et vérifiez qu’elles sont reconnues par l’état ». Finalement, ce manque de reconnaissance m’angoissait et j’ai fini par choisir d’étudier la seule matière; hormis la musique; qui ne me semblait pas futile: la philosophie. Après avoir finalement réussi à intégrer un master de droit de l’UE et malgré un mémoire sur le droit d’auteur, j’ai dû me rendre à l’évidence: il fallait que je travaille dans la musique ou j’allais passer ma vie à regretter. Alors j’ai pris la décision de continuer mes études par la licence pro Production et Administration des Musiques Actuelles et j’ai continué dans cette voie.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Écoutez la playlist <<

« I Am Alone » – Rosaire
« Saint Angers » – Foncedalle
« Out There » – Chester Remington
« The Dream » – High Mountain
« Tourniquet » – Chaton Laveur
« 54 Zeppelin » – NCY Milky Band
« Doctor » – Robbing Millions
« Croque » – Mr Pelican
« Le Grand 8 » – Garance Midi
« Un Parapluie pour Deux » – Romain Muller

Et le rappel…
« Baby I Love U » – Stereocrown
« Café Serré » – Radio Polo

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Je pense que toutes les grandes problématiques de notre époque se retrouvent dans la musique: il faut bien évidemment rendre notre secteur le moins polluant possible le plus rapidement possible, le rendre plus inclusif et représentatif, le débarrasser des tordus qui profitent de leur pouvoir pour obtenir des faveurs ou blesser les autres mais aussi rester vigilants quant aux nouveaux usages liés à l’intelligence artificielle. 

Cependant, il me paraît tout à fait sûr que le problème principal que tous les musiciens ont en commun est celui des rémunérations dérisoires qui sont devenues la norme depuis l’avènement du streaming payant. 

Le problème n’est pas le modèle de répartition comme on l’entend parfois. Personne n’est assez payé : ni les gros artistes, ni les petits. La seule différence est que les gros peuvent s’en sortir, les petits non. 

Le vrai problème est que la musique est accessible trop facilement. Elle perd donc toute valeur puisque n’importe qui peut accéder à toute la musique existante pour 10 euros par mois. 

Pendant un temps, j’ai cru que les plateformes de streaming finiraient pas augmenter conséquemment leurs prix pour payer les artistes correctement. Au vu des dernières prises de position de Daniel Ek ainsi que de la réaction des plateformes de streaming à la décision du législateur belge de collecter des droits voisins pour le streaming, je suis désormais persuadé que la solution viendra des artistes.

Un retour aux supports physiques étant une aberration écologique, je pense que la solution sera une plateforme de streaming réellement équitable. 

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?

Ce qui est certain, c’est que je ne la souhaite pas. Ce que j’aimerais, c’est de pouvoir progressivement accroître le temps que je peux dédier à la musique elle-même. Plus de composition, d’écriture, d’enregistrement, d’interprétation scénique et moins d’administratif et de communication.
Je souhaite également gagner en influence pour pouvoir participer pleinement à la création de cet écosystème de la musique plus juste, plus sain et moins polluant décrit plus haut. Actuellement, j’ai l’impression d’avoir beaucoup de choses à dire et aucune place pour le dire.

Autre chose à rajouter ?

Soyez altruistes, bienveillants  et répondez aux mails! Dans ma courte carrière musicale, j’ai déjà beaucoup trop d’exemples de professionnels pleins de bons sentiments qui n’ont jamais répondu à des mails pourtant gentils et pleins d’espoirs. 

Créez un mail type disant “Merci pour ton mail, malheureusement je ne peux pas t’aider mais persévère” ou “je ne peux pas t’aider mais tu devrais contacter …”.

Cela vous prendra 10 minutes et permettra à beaucoup de gens qui commencent de ne pas désespérer devant le mépris du silence que vous leur imposez.

« Gaslighting Abbie » – Steely Dan

« American Idiot » – Green Day

« Mardy Bum » – Arctic Monkeys

>> Listen to the playlist <<

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