#30demoinsde30 2024 : Soona Koité

We shall not cease from exploration
And the end of all our exploring
Will be to arrive where we started
And know the place for the first time.

Hypokhâgne / Khâgne option anglais – Lycée Molière
Licence Lettres, Editions, Médias, Audiovisuel – Paris Sorbonne
Master 1 – Stratégie communication digitale (en alternance) – EDTA
MBA Industrie musicale (en alternance)  – EMIC

Cheffe de projets label , 18Heures48 / Manageuse d’artistes, ¥end, OGIII


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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

Générique de fin de la saison 4 Magical Doremi

Mes copines de primaire et moi, on était complètement lobotomisées par ce dessin animé et je peux encore réciter mot pour mot ce générique qui parle d’amitié, c’est peut être l’une mes premières chansons “vécues” !

« Crucify Your Mind » – Rodriguez

Découvert bien plus tard avec la discographie et l’histoire incroyable de Rodriguez, les paroles de m’ont toujours parues à la fois si justes et si sujettes à interprétation, en tout cas j’ai trouvé l’écriture fantastique

« Runaway » – Kanye West, Pusha T

Découvert comme beaucoup de sons de Kanye avec le clip qui, lui, met en scène des danseuses classiques et du rap en même temps ! Et puis il y a cette méga longue intro au piano…c’était fascinant pour la fan de ballet que j’étais

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

A l’issue de ma L3 je ne savais pas quoi faire, alors j’ai regardé les offres de service civique et j’avais le choix entre deux jobs qui me plaisait : aller porter des livres empruntés à la bibliothèque à des personnes âgés (ce qui aurait été trop cool !)  OU de la médiation culturelle dans un petit festival / tremplin de musique. Avant ça je ne savais pas qu’on pouvait travailler dans la musique sans être artiste !  

J’ai vu dans cette association (Le Mégaphone Tour), tenue par des femmes exclusivement, une démonstration de force pour parvenir à tenir ce petit bateau et à faire en sorte qu’il navigue jusqu’à l’année suivante à chaque fois. J’en ai tiré beaucoup de détermination. 

Mon année à l’EMIC en 2021/2022 a aussi été un moment clef. Non pas pour mettre un pied à l’étrier, car je travaillais déjà depuis trois ans dans l’industrie. Mais parce que j’ai eu la chance de rencontrer des personnes, devenues des proches et/ou des inspirations, extrêmement cultivées et ouvertes à d’autres esthétiques qui m’ont confortée dans le choix – peut être jusque là  plein d’enthousiasme mais pas si évident – d’en faire une carrière. 

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

Je dirais d’aller en festival mettre la tête dans le caisson et vivre ça avec plein de gens. J’étais au Positive Education, un festival de musiques électroniques (techno, bass, ambiant, expérimental…)  à Saint Etienne la semaine dernière. Faire de petits festivals permet de visiter plein de villes aussi et de vivre une expérience presque communautaire grâce à la jauge à taille humaine !

Sinon, pour les parisiens de résidence,  je recommanderais de sortir à La Cité Fertile l’été pour faire la fête en journée, à la Station Gare des Mines quand on a besoin de lâcher ses démons, au Petit Bain, à la Machine du Moulin Rouge…  Egalement de suivre les soirées rap comme les Undercover ou les Heartless Club, d’aller à des festivals émergents comme Ici Demain, de soutenir des lieux qui proposent des programmations émergentes, pointues, paritaires et pleines de diversité comme Le Chinois et La Marbrerie à Montreuil, Le Mazette à Paris, et de vivre des concerts d’artistes venus du monde entier au Cabaret Sauvage…

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

Quitte à devoir travailler (beaucoup) toute sa vie autant que ce soit dans la musique…

Enfant et adolescente je possédais des mp3 très rudimentaires et une myriade d’écouteurs de toutes les couleurs toujours fourrés dans les oreilles.

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, je parle de musique dans mes carnets et journaux intimes. On peut y retrouver des pages noircies de titres écrits à la main, un par un. Au collège je me suis engagée dans un groupe qui organisait un concert de fin d’année, j’y ai chanté deux chansons de Lana Del Rey. Au lycée, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus au rap, enfin aux textes plus précisément et à éplucher les pages wikipédias et les fonds de chaînes youtube de Grünt ou de la 75ème session  pour remonter aux influences de mes artistes préférés. Le rap, même si j’en écoute moins, reste la musique qui m’a rendue passionnée. 

Autrement, quand j’étais étudiante j’ai beaucoup travaillé à l’accueil des publics avec la billetterie Dice en tant qu’ambassadrice sur des événements et des clubs à Paris. J’ai passé de longues heures, parfois très tard et dans le froid à travailler dans ces endroits pour apercevoir un bout de concert ou de DJ set. Vous m’avez peut-être croisée !

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

Fiou ! Seulement des albums et pas dans l’ordre :

>> Écoutez la playlist <<

The Life of Pablo  – Kanye West
Sonhos & Pesadelos – DJ Lycox
Bismillah – Peter Cat Recordings
Loose – Nelly Furtado
HERE – Alicia Keys
Blonde – Frank Ocean
Room with a view – Rone
My 21st Century Blues – RAYE
NOVAE – Yvnnis
Lemonade – Beyonce

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Enjeu de santé mentale : nous devons veiller au sujet de la santé / charge mentale dans ce métier, notamment en label où les missions peuvent drastiquement varier d’une structure à une autre mais où le ou la chef.fe de projet reste l’intermédiaire entre l’artiste et son employeur, pour le meilleur et pour le pire. 

Je pense qu’il est impératif que la quantité des projets attribués à un.e chef.fe de projet soit réaliste par rapport à ce qui peut lui être demandé comme investissement stratégique et créatif. 

Enjeux d’innovation : Par ailleurs, à l’image de beaucoup de métiers, je vais probablement devoir travailler avec des outils technologiques de plus en plus avancés, que cela concerne la détection de talent, l’image ou la stratégie globale.

Enjeux légaux : En tant que jeune manageuse, l’enjeu se situe majoritairement dans la professionnalisation et l’encadrement légal du métier. Je compte d’ailleurs rejoindre prochainement UMAN (Union des Manageuses et Managers de la Musique).

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?

Pour l’instant je me vois évoluer dans la musique toute ma vie, peut-être pas dans le même métier, j’espère être amenée à voyager plus souvent. C’est ce qui est fort dans cette industrie, il y a pleins de passerelles, je ne me sens pas enfermée – même si la réalité du marché de l’emploi me fait mentir -. Par contre j’espère ne pas y rester à tout prix si ce n’est pas ma route. 

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?

Prenez soin de vous ! 

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