« Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le. » – John Cage
Université / University
Master Direction Artistique de Projets Culturels Européens (Université Montpellier 3)
Master’s Degree in Artistic Direction of European Cultural Projects (University of Montpellier 3)
Poste actuel / Current position
Compositeur de musique de film, à son compte
Film Music Composer, freelance
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Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?
« Zoolookologie » – Jean Michel Jarre
Mon père m’a introduit à la musique électronique à travers Jean Michel Jarre, dont l’album Zoolook était installé sur mon premier baladeur MP3 aux côtés de Sean Paul.
« Groundation (Berghain Drum Jack) » – Deadbeat
Plus tard, j’ai partagé ma crise d’ado entre le métal et les musiques électroniques répétitives, dans lesquelles je retrouvais ma passion pour le rythme.
The Medallion Calls – Klaus Badelt
Ma première rencontre avec la musique de film vient de Pirates des Caraïbes au début des années 2000, dont la BO m’a poussé à écrire “Klaus Badelt” sur Google (je ne connaissais même pas Hans Zimmer…).
Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?
Paradoxalement, c’est la période COVID qui a été la plus bénéfique pour mon lancement professionnel. Me retrouver soudain désœuvré m’a amené à composer de la musique à plein temps pour la première fois de ma vie. Lorsqu’il a fallu travailler à nouveau, j’ai compris que c’était ce que je voulais faire de ma vie et j’ai décidé de me lancer.
Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?
Pour vivre un moment poétique et hors du temps, je recommande d’écouter Nils Frahm en live au moins une fois dans sa vie. Côté folie contagieuse, il faut absolument expérimenter un concert du groupe Catastrophe.
Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?
J’ai toujours baigné dans la musique, d’abord en apprenant la batterie à six ans, puis en expérimentant sur mon ordinateur. Et je savais que d’une manière ou d’une autre, je voulais que mon métier soit musical.
À l’âge adulte, avant même d’en composer professionnellement, j’ai suivi des études pour travailler dans la musique. Mais avec une casquette de producteur de spectacle : à ce moment-là je voulais à tout prix organiser des concerts de musique électronique, tant mes expériences festivalières m’avaient marqué au début de ma vingtaine. Travailler dans ce milieu, c’était pour moi synonyme d’intensité et de foisonnement créatif.
J’expérimente tout ça aujourd’hui, juste un peu différemment !
Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?
The Window of Appearances – Philip Glass
« Black Earth » – Fazil Say
« For – Peter – Toilet Brushes – More » – Nils Frahm
« 17 Hands » – Alfonso Peduto
« Shark Simple » (L-VIS 1990 & The Neon Dreams Remix) – Cassius
« Epiphany » – Ross from Friends
« Mantra » – Noisia
« IDGAF » – Razat
« Cashew Rhythm » – Two Fingers (Amon Tobin)
« I Hate Models » – Eternal Loneliness
SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?
? J’ai l’impression d’être cliché, mais j’ai envie de répondre l’IA… Je ne fais pas partie des pessimistes à ce sujet, mais il est évident que la musique de commande pourra être déléguée aux IA génératives dans certains cas, notamment lorsqu’il y a très peu de budget. Je ne crois vraiment pas que le métier de compositeur en pâtira de trop, mais cela posera un problème d’accès au métier pour les jeunes compositeur.ices, dont les commandes peu rémunérées permettent souvent de constituer un portfolio. Et ce sont précisément ces contrats qui risquent de disparaître.
Par ailleurs, je pense qu’il est important d’encadrer juridiquement l’entrainement des IA génératives et de protéger efficacement le travail des créateur.ices.
Pour le reste, je ne suis pas défaitiste au sujet de l’IA, bien que ça reste un enjeu des années à venir. Je prends les outils comme ils viennent et je décide en conscience de les intégrer ou non dans mon workflow.
Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?
Je ne me vois pas arrêter de composer un jour ; mais il est fort probable que j’expérimente l’écriture en parallèle (mon deuxième amour, après la musique). Ecrire de la fiction me plairait, mais aussi des essais sur la musique ; pourquoi pas ?
Autre chose à rajouter ?
Merci à La Nouvelle Onde pour cette opportunité !
Vive la culture, vive le cinéma et surtout vive la musique !
3 songs/musical works that have been important in your life and why ?
« Zoolookologie » – Jean Michel Jarre
My father introduced me to electronic music through Jean Michel Jarre, whose album Zoolook was loaded onto my first MP3 player alongside Sean Paul.
« Groundation (Berghain Drum Jack) » – Deadbeat
Later on, I split my teenage angst between metal and repetitive electronic music, where I reconnected with my passion for rhythm.
The Medallion Calls – Klaus Badelt
My first encounter with film music was through Pirates of the Caribbean in the early 2000s. The soundtrack led me to Google “Klaus Badelt” (I didn’t even know Hans Zimmer back then…).
Golden Ticket moment : when did you get your big break ?
Paradoxically, the COVID period was the most beneficial for my professional start. Suddenly finding myself without work led me to compose music full-time for the first time in my life. When it came time to return to work, I realized that this was what I wanted to do with my life, and I decided to go for it.
The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out ?
To experience a poetic, timeless moment, I highly recommend listening to Nils Frahm live at least once in a lifetime. For contagious energy and pure fun, a concert by the band Catastrophe is an absolute must.
Why on earth did you want to work in music ?
I’ve always been immersed in music, first learning the drums at six, then experimenting on my computer. I knew that one way or another, I wanted my career to be musical. As an adult, before composing professionally, I studied to work in music—specifically as a live show producer. At that time, I was determined to organize electronic music concerts; as my early festival experiences in my twenties had a lasting impact. Working in this field meant intensity and creative abundance to me.
Today, I’m still experiencing all of that, just a little differently!
You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?
The Window of Appearances – Philip Glass
« Black Earth » – Fazil Say
« For – Peter – Toilet Brushes – More » – Nils Frahm
« 17 Hands » – Alfonso Peduto
« Shark Simple » (L-VIS 1990 & The Neon Dreams Remix) – Cassius
« Epiphany » – Ross from Friends
« Mantra » – Noisia
« IDGAF » – Razat
« Cashew Rhythm » – Two Fingers (Amon Tobin)
« I Hate Models » – Eternal Loneliness
SRSLY (seriously): what are the stakes of your job within the next 5 years in your opinion ?
I feel like I’m being cliché, but I want to say AI… I’m not one of the pessimists on this, but it’s clear that commissioned music will be delegated to generative AIs in some cases, especially when there’s very little budget. I really don’t think the composer profession will suffer too much, but it will create access issues for young composers, as low-paid commissions are often key for building a portfolio. These contracts are the ones most at risk of disappearing.
Additionally, I think it’s important to legally regulate the training of generative AIs and protect creators’ work. As for the rest, I’m not defeatist about AI, even though it’s a challenge for the years ahead. I take tools as they come and consciously decide whether or not to integrate them into my workflow.
Is there life after music, and what would yours be ?
I can’t imagine ever stopping composing, but it’s highly likely that I’ll experiment with writing alongside it (my second love, after music). Writing fiction would appeal to me, but also writing essays on music—why not?
Une réflexion sur “#30demoinsde30 2024 : Raphaël Delunsch”