Université / University
Bachelor Communication, marketing et relations presse – EFAP
MBA Management de la production musicale et du développement d’artiste, major de promo – MBA ESG
Bachelor in Communication, marketing & press relations – EFAP
MBA in Music production management & artist development, valedictorian – MBA ESG
Postes actuels / Current positions
Fondatrice & rédactrice en chef – hauméa magazine / Créatrice & host – Podcast Parcours d’Indés / Fondatrice, consultante, cheffe de projets & formatrice music business – Proxima Centauri
Founder & chief editor – hauméa magazine / Creator & host – podcast Parcours d’Indés / Founder, music business consultant & project manager – Proxima Centauri
>> Instagram <<
>> Instagram <<
>> Instagram <<
>> Instagram <<
>> Site Internet <<
>> Site Internet <<
Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?
C’est terrible d’avoir à n’en choisir que trois donc évidemment la liste est loin d’être exhaustive – en écrivant les lignes suivantes je me suis rendue compte que j’ai beau partager de la musique au quotidien, peu de personnes savent ce que j’écoute vraiment !
« Make Me Wanna Die » – The Pretty Reckless
Je viens du rock au départ, et je crois que le groupe de Taylor Momsen (découvert au détour de la musique du générique de Kick Ass, j’ai scruté le générique jusqu’à voir le nom de la musique, y avait pas Shazam à l’époque) a vraiment cimenté mon amour pour les voix féminines singulières.
Que dire, à part qu’elle a prouvé en un EP (qu’elle a d’ailleurs sorti rétroactivement sur les plateformes) qu’elle a modifié les contours de la pop pour en faire quelque chose d’aussi expérimental que mainstream. Un tour de force artistique qui est très, très haut dans ma liste de mes œuvres préférées de tous les temps.
Impossible de ne choisir qu’un seul morceau de cet album parce qu’il s’écoute d’une traite ; j’écoute beaucoup de musiques ambiantes et de musiques savantes (qui sont aux frontières des musiques ambiantes de toute façon), et pareil, Dasha Rush m’a fascinée pour sa capacité à faire une musique ambiante nouvelle, loin de l’acid techno qui l’amène partout autour du monde. Et j’écoute (en boucle) son deuxième album, Contemplating, à l’heure où j’écris ces lignes.
Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?
Il y a eu plein de « petits » moments sur mon chemin, mais je peux dire sans souci qu’écrire la bio d’Irène Drésel a posé la première pierre de beaucoup de choses, et ça ça été rendu possible grâce au fait que j’avais écrit sur son deux-titres « Icône », en 2018 pour Beyeah. Elle m’a sollicitée par mail en me disant que de tous les articles qu’elle avait eu sur sa musique, j’étais la seule à avoir vraiment compris l’essence de ce qu’elle essayait de transmettre. Elle m’a demandé si c’était possible de réutiliser l’article pour en faire une bio, et à l’inverse je lui ai dit « viens on en écrit une, plutôt ». C’était y a 5 ans. Le fait de l’avoir eue récemment sur Parcours d’Indés au MaMA Festival en octobre m’a fait me rendre compte de façon très frontale de tout ce que ça a pu apporter (notamment le fait de travailler avec DeLaurentis !)
Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?
Ah la question n’est pas évidente, j’ai trop d’artistes qui me viennent en tête et je sais pas choisir ! Le concert qui m’a clairement mis une claque récemment c’était celui de Thérèse – quelqu’un dans l’audience avec qui j’ai discuté a dit que tu aimes ou pas sa musique tu ne peux qu’être convaincu-e une fois que tu la vois sur scène que son projet est mortel. J’y étais à la Boule Noire récemment et c’était fou. Mais dans la même veine/énergie je pourrais citer Kalika, ou Crystal Murray.
Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?
Devenir rédactrice a été assez évident, j’ai toujours écrit et la rédaction ne me demande pas d’effort. Par contre, c’est un stage en label qui m’a vraiment donné envie de me lancer dans cette industrie parce que j’ai pu mettre à profit beaucoup de mes compétences. J’étais en stage chez Opening Light en 2017 (ancien label de Vimala, Kazy Lambist, Suna…) en tant que chargée de projet & communication – oui le cumul des casquettes a commencé tôt – et j’ai adoré bosser sur des projets d’EP et de compilations. L’envie de devenir cheffe de projets est venue de là, et l’envie de le faire en indépendance totale est venue du Covid, ça a été difficile de trouver un travail à la suite de mon alternance, j’avais envie de renouer avec la rédaction… et j’ai pas su m’en tenir à mes articles donc me voilà aujourd’hui ( :
Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?
Parce que ce serait trop simple de leur faire découvrir Amy Winehouse, Queen ou Pink Floyd…je crois que je leur ferais découvrir ce qui peut se cacher dans les tréfonds de la pop alternative et expérimentale d’aujourd’hui, parce que c’est le genre musical le plus varié artistiquement que j’ai eu à digger ces dernières années. C’est de loin mon genre musical préféré, d’ailleurs.
« This Is What It Feels Like » – Banks
« Ponderosa » – Tricky
« See » – Cosette
« bal gibi » – aisu
« Ineia » – Ikram Bouloum
« Piel » – Arca
« A Ningun Hombre » – Rosalia
« It’s Okay To Cry » – SOPHIE
« Because » – Smerz
« Dicey » – Creams
SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?
C’est une opinion très personnelle et certainement impopulaire, mais j’ai du mal à voir le métier de manager rester tel qu’il est aujourd’hui, sur la base de la sacro-sainte rémunération à hauteur de 15% des revenus bruts de l’artiste. Le développement artistique, c’est beaucoup de temps, de ressources, de compétences (et parfois dans certains cas, d’argent)… quelque chose me dit que les manager-euses finiront, si la déontologie le permet, par travailler sur facture, comme moi, en fait, sauf que je ne suis pas manageuse mais cheffe de projets. Déjà que la frontière est fine entre nos deux métiers – ce qui me différencie d’un-e manageur-euse est que je travaille sur des sorties de disque, et non pas sur toute une carrière artistique – quelque chose me dit que le mien se rapprochera du management et vice versa.
Quant au métier de journaliste, il évolue au quotidien : entre toutes les nouvelles sources d’information (podcast, réseaux sociaux, channels Discord…) et les anciens moyens de communication qui perdent de leur légitimité au vu des changements du marché (R.I.P Trax Magazine), là aussi, difficile de dire où le métier ira. Personnellement, je prône une éthique qui va à l’encontre de la course au clic et à l’audience, et je prône un retour à une information choisie, durable, viable dans le temps et non-consommable. Sans dénigrer l’info en continu : une chronique a aujourd’hui une durée de vie assez courte, tandis qu’un reportage sur un sujet de fond, ou une interview, a une durée de vie beaucoup plus longue. Mes podcasts sont le reflet de cette envie de faire de l’information « longue durée » : le premier épisode que j’ai sorti, avec Thérèse, même si son équipe a légèrement changé entre temps, est toujours valable en matière d’information divulguée. Et j’espère sincèrement qu’on retournera, au moins pour le journalisme culturel, à quelque chose dans cette veine-là.
Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle?
Je le dis à toute personne à qui j’explique mes métiers : le point de convergence de tout ce que je fais, c’est la rédaction. Je ne me vois pas évoluer dans mes métiers sans écrire ; je me vois très bien par contre endosser des projets rédactionnels en dehors du cadre de l’industrie musicale. J’ai beaucoup trop de projets en tête mais celui d’une maison d’édition plurielle (musicale, journalistique, littéraire) me parle beaucoup, et pourrait même être la suite logique de hauméa, à la manière du magazine féministe Censored et ses Editions Troubles. Mais j’ai encore un bon paquet de chemin à défricher dans cette industrie, donc on verra ce que l’avenir me réserve ( ;
Autre chose à rajouter ?
À toutes les personnes qui auraient envie de monter un média, un podcast, une newsletter, un moyen autre que les réseaux sociaux pour parler de tout et de rien, faites-le. C’est une aventure super fun et vous êtes beaucoup moins dépendant-es du « Big Algorithm », de cette manière-là.
Ah et suivez Parcours d’Indés, que vous soyez artiste et/ou pro, le podcast est pensé pour vous !
…And now, in English…
3 songs/musical works that have been important in your life and why ?
It’s hard to choose only three, so obviously the list is far from exhaustive – while writing the following lines I realized that although I share music on a daily basis, few people know what I’m really listening to!
« Make Me Wanna Die » – The Pretty Reckless
I listen to rock music initially, and I think that Taylor Momsen’s group (discovered with the music in Kick Ass, I scrutinized the credits until I saw the name of the music, there was no Shazam back then) really cemented my love for singular female voices.
What can I say! Except that she proved with a unique EP (which she also released retroactively on the platforms) that she transformed pop music to make it something as experimental as it is mainstream. An artistic tour de force that is very, very high on my list of my favorite works of all time.
Impossible to choose one track from this album because it can be listened to in a raw. I listen to a lot of ambient music and art music (which are on the borders of ambient music anyway), and the same, Dasha Rush fascinated me for her ability to make new ambient music, far from the acid techno that brings it all around the world. And I’m listening (on repeat) to her second album, Contemplating, as I write these lines.
Golden Ticket moment : when did you get your big break ?
There were a lot of “small” steps along the road, but I can confidently say that writing Irène Drésel’s biography really set the tone for a lot of things going forward. It happened a few days after I had written about her 2-tracks “Icône” in 2018 for a music webzine called Beyeah. She reached out to me by email saying that out of all the articles she’s had in the press, I was the one who truly understood what she was trying to convey with her music. She asked me if it would be okay to use my article as a base for her bio… and I offered to write one out instead. It was 5 years ago. Having her on the podcast recently during the MaMA Festival last October really made me realize how much happened since, and what had happened thanks to that (working with DeLaurentis for example!)
The show/gig you recommend for someone who has rarely ever goes out?
Now that’s a question that’s hard to answer – I have way too many artists in mind and I’m just bad at making choices. The latest concert that really had me in awe was Thérèse’s, as someone said in the audience it doesn’t matter whether you like her music or not because you’ll be convinced by the end of the concert that her music is bomb. I was there at La Boule Noire in Paris and I had an amazing time. However I could also mention Kalika, or Crystal Murray, since they convey the same type of raw energy on stage.
Why on earth did you want to work in music?
Becoming a music web writer was an obvious thought from the get go, I’ve been writing forever and writing doesn’t require any effort to me. It’s an internship I did for an indie label that made me want to go all in however, because I was able to really put a lot of my skills to work. I was an intern for Opening Light in 2017 (ex-label of Vimala, Kazy Lambist, Suna…) as a junior project & communication manager – yeah, I was already juggling more than one job by then – and I just loved working on EP & compilation release strategies. The will to be an independent project manager however came during Covid, it was hard finding a job after my apprenticeship, and I wanted to go back to my first love which was writing…well I couldn’t keep my work to “just write” so here I am today (:
You meet aliens : which 10 tracks do they need to hear ?
Because it’d be way too easy to have them listen to Amy Winehouse, Queen or Pink Floyd… I think I’d make them listen to the various ways we can make alt-experimental pop, since it’s by far one of the most diverse music genre I’ve ever had to dig these past few years (and by far my favorite one as well).
« This Is What It Feels Like » – Banks
« Ponderosa » – Tricky
« See » – Cosette
« bal gibi » – aisu
« Ineia » – Ikram Bouloum
« Piel » – Arca
« A Ningun Hombre » – Rosalia
« It’s Okay To Cry » – SOPHIE
« Because » – Smerz
« Dicey » – Creams
SRSLY (seriously): what are the stakes of your job within the next 5 years in your opinion ?
I’m talking from a French perspective ; unpopular opinion, but I don’t see the work of a manager stay the same forever, especially since its remuneration is based off of 15% of their artist’s revenue. Developing an artist takes a lot of time, resources, skills & sometimes money… so something tells me that managers are going to end up working on a paycheck basis just like me, but I’m not a manager, I’m a project manager (I work around releases, not an entire artistic career). It’s already hard to draw the line between our jobs ; I’d say management is gonna get closer to project management and vice versa.
When it comes to music journalism, it’s already evolving on a daily : between all the new – and reliable – sources of information out there (podcasts, social media, Discord channels…) and seeing all the older, traditional ways to get information out there (RIP Trax Magazine) fading out, it’s hard to tell where we’re going. I’ve been saying that I’m personally going back to ancient journalistic times, where we used to take our time writing out long-lasting pieces of information, and not running to get the most clicks out of an article. I’m not here to talk trash ; of course a music review will last a lot less than a well-rounded interview, same goes for most podcast episodes out there (it’s the case for mine, mine is a year old and the pilot is still relevant to this day, despite the minor changes in the artist’s professional life). I sincerely hope cultural journalism will go back to said times.
Is there life after music, and what would yours be ?
I’ve been saying this to anyone who’s ever curious about the many jobs I do for a living : what brings all of my projects together is writing. I don’t see myself taking on a project that doesn’t involve writing in some way ; I totally see myself writing outside of the realm of the music industry. I have way too many projects in mind but that of a publishing house (music, press & literature) makes a lot of sense to me, and would most probably be hauméa’s next step in the future, the same way Censored did it with their Editions Trouble publishing house. I still have a lot of ground to cover in the music industry however so I’m not leaving the industry anytime soon (;
Anything else you’d like to add?
To all the people who want to build their own media, podcast, newsletter, anything really that doesn’t involve social media, please do. It’s super fun and you’ll be way less dependent of our dear & beloved “Big Algorithm”.
And if you understand a few words of French, give my podcast Parcours d’Indés a listen. It’s really made for artist and/or music pros who want to get into the wide world of the music industry!
Une réflexion sur “#30demoinsde30 2023 : Cloé Gruhier”