Lauréate « J’Explore » 2025 : Marie Le Gac

« Ti pa ti pa, narivé ! » – Proverbe réunionnais

Sciences Po Lyon – spécialisation Communications, Cultures, Institutions
Management Carrières d’Artistes (MCA), Master 2 en partenariat avec l’Université Lumière Lyon 2

Mémoire M1 – « Quand la musique fait ville. Les événements musicaux dans l’espace public urbain : le cas de Bordeaux et du festival Relâche » (2019)

Mémoire M2 – « Le renouveau du disque vinyle : évolutions, enjeux et perspectives » (2020)

Cheffe de projet, Sakifo Talents (Label & Publishing) / Coordinatrice, Indian Ocean Music Market (IOMMa)

>> LinkedIn <<
>> Instagram <<
>> Site Internet <<
>> Site Internet <<

Music is life and life is music : 3 chansons/œuvres musicales marquantes personnellement ?

« Yesterday » – The Beatles

En écoutant tous les albums du coffret intégral de mon père, les Beatles sont devenus ma référence première, ma porte d’entrée à tous les styles. Petite nostalgie pour ce titre que j’ai interprété lors de ma première audition de saxophone.

« Valerie », live version At the BBC – Amy Winehouse

Avec Amy, j’ai découvert la magie d’une voix soul et jazzy qui donne à la musique une âme, qui rend chaque interprétation libre, unique et bel et bien vivante.

« Sometimes, All the Time » – Loud & Charlotte Cardin

Montréal, une ville qui respire la culture underground, la liberté de penser, la musique rock et indé. J’y ai vécu une année, celle où j’ai su que je ferai de la musique mon métier.

« Loder mon pei » – Ousanousava

La Réunion… son zistwar, son kiltir, mon fonnkèr.

Ticket gagnant : quel a été le moment déterminant pour mettre le pied à l’étrier dans ce milieu ?

A 17 ans, j’ai décroché mon « ticket gagnant » lors d’un concours de chant. J’ai alors expérimenté le parcours classique et modeste d’artiste autodidacte : écrire un morceau, trouver des collaborateurs, composer, arranger, répéter, enregistrer, mixer, tourner un clip, le promouvoir, jouer devant un public, recommencer. Cela a été une sacrée aventure.. qui continue cette fois de l’autre côté !

Recommandation de spectacle/concert à voir absolument pour quelqu’un qui ne sort jamais ?

J’adore trainer mes amis à des concerts d’artistes inconnus, dans les bars et les salles du coin, les tremplins ou les petites scènes des festivals. On y déniche toujours des pépites. Ces lieux permettent une certaine proximité avec les artistes et mènent parfois à des découvertes hallucinantes.

Si je devais recommander un spectacle, ce serait un concert de Deluxe, sans hésitation. Une bande de copains à l’énergie électrique. Je les ai vu tellement de fois sur scène, je recommande n’importe quelle formule : en famille, entre potes, en amoureux, dans toutes les villes de France, en festivals et même en acoustique dans la rue.

Qu’est-ce qui vous a pris de vouloir travailler dans la musique?

On ne va pas se mentir, ce que je préférais pendant les études, c’était la vie associative : coordonner les répétitions pour les concerts, jouer dans les bars, booker des artistes pour les événements, faire des réunions à n’en plus finir dans les cafés… J’étais tellement impliquée que c’était logique de choisir la culture aux affaires publiques. Alors j’ai enchaîné les stages et bénévolats en festivals. Et puis il y a eu le Covid, les métiers du live ont été en stand by… Mais pas ceux du disque ! Je rêvais d’intégrer un label indé, et c’est comme ça que j’ai atterri chez les surfeurs bordelais de Délicieuse Musique.

Vous rencontrez des aliens: les 10 titres / œuvres à leur faire découvrir ?

>> Écoutez la playlist <<

« Intro » – The XX
« Empire State of Mind » – JAY-Z & Alicia Keys
« Blue Moon » – Billie Holiday
« Instant Crush » – Daft Punk
« Wildflower » – Billie Eilish
« Harvest Moon » – Neil Young
« Soul Tropical » – David Walters
« The Adults Are Talking » – The Strokes
« Easy (to fall in love) » – Olivia Dean
Cello Suite N°1 in G Major – Jean Sébastien Bach

SRSLY (sérieusement) : les enjeux de votre métier dans les 5 prochaines années ?

Comme partout, la filière à La Réunion connaît l’augmentation globale des charges, le déclin du soutien politique, la montée de l’extrême droite, le réchauffement climatique et la chute du pouvoir d’achat du public. Mais plus qu’ailleurs, la création et le patrimoine musical sont au coeur des préoccupations; les structures indépendantes peinent à survivre; les tournées contraintes à l’export fragilisent l’économie des projets.

Alors nos métiers se réinventent : on devient des couteaux-suisses, de véritables magiciens de la stratégie, des producteurs multi-casquettes. L’enjeu principal, c’est de ne pas s’oublier, de continuer à aimer ce qu’on fait. Parce que la musique nous rend vivants, parce qu’elle est essentielle et irremplaçable.

Y a-t-il une vie après la musique et à quoi la vôtre ressemblerait-elle ?

Il y aura probablement mille vies après celle-ci. Mais toujours un peu en lien avec la musique. Peut-être qu’elle m’accompagnera lors de vendanges, dans une salle de classe, sur scène, à la radio, sur un bateau, dans un atelier ou une maison d’hôtes. Ce que j’aime par dessus tout, c’est de ne pas savoir où elle m’emmène, mais de le vivre quand même.

Autre chose à rajouter ?

Qu’on ne me dise plus qu’il n’y a pas assez d’artistes féminines pour assurer la parité dans les catalogues de labels ou les programmations de festivals. Elles sont partout, n’osent peut-être pas, alors laissons-leur la place qu’elles méritent (et prenons-là) !

Plus de meufs on stage, backstage, et toujours plus de groove !
Nartrouv’

Laisser un commentaire